L’heure est
venue. De mon départ de Finlande. Une journée lourde en émotions, d’heure en heure…
Vendredi 18 mai 2007, 7H00 : Dernier réveil à Kuntotie, suivi d’un dernier petit déjeuner, en compagnie de Claudio, mon futur ex-colocataire. Ensuite, il me faut finir de fermer mon gros sac à dos, ma
grosse valise, et mes autres bagages. Cinq pièces au total.
10H00 : Direction le centre
ville de Rovaniemi, en vélo. Vélo que je pars vendre, justement. La matinée est agréable, du point de vue météorologique. Je savoure autant que faire se peut ce dernier voyage sur mon vieux vélo
qui m’a accompagné tous ces mois.
11H30 : Ils sont une petite
dizaine à être venus assister jusqu’à la dernière minute à mon départ. Cela fait chaud au cœur. L’émotion commence à sérieusement monter. Tout est désormais bouclé, et nous pouvons admirer le
vide et la propreté de ma chambre… Non sans amertume !
12H00 : Svetlana, ex-collègue
russe, arrive en voiture à Kuntotie. Bientôt, la voiture se trouve chargée à plein par mes nombreux bagages. C’est l’heure délicate de quitter Kuntotie. Chaleureux adieux – non, « à
bientôt »s – avec les présents, et puis je m’engouffre dans la voiture.
12H30 : Après un passage par la
poste, pour me soulager d’un des bagages, nous arrivons à la gare routière de Rovaniemi. En ces dernières minutes de ma présence sur le sol de Rovaniemi, nous prenons un café. Soudain, je vois
une silhouette familière entrer dans le hall de la gare. C’est Claudio, qui arrive en vitesse depuis Kuntotie. Il m’apporte un courrier arrivé de toute dernière minute, et qui contient un de mes
billets de train pour mon expédition. Kiitos flatmate !
13H00 : Le car, qui doit me conduire à Tornio, est arrivé, et doit partir. Derniers adieux sur le bitume, et c’est l’embarquement, la gorge serrée. Le moteur vrombit, et le car
s’élance. Les quelques centaines de mètres suivantes, à travers cette ville où j’ai tant de souvenirs et que je quitte définitivement (quitte à y revenir de
passage…), sont particulièrement émouvantes…
14H40 : Arrivée à Tornio,
petite ville finlandaise à la frontière avec la Suède, et bordée par sa ville quasi-jumelle, mais suédoise, Happaranda. Je dois justement désormais rejoindre – avec tout mon chargement – cette
dernière, puis Lulea, à environ 150 kilomètres de là.
15H00 : Après avoir demandé renseignement à un passant sur le passage de la navette pour Happaranda, et alors que je me suis posté à l’attente de celle-ci, une voiture s’arrête devant
moi, et la même personne me propose de me conduire jusqu’à Happaranda, en me précisant qu’elle se rend ensuite à Luleå. Et c’est donc finalement destination Lulea que j’embarque dans cette voiture. Le conducteur
suédois, la cinquantaine, est impliqué dans l’univers syndical suédois, et c’est ce qui le conduit à se rendre fréquemment en Finlande, pour la coopération entre les deux pays. Il m’explique
qu’il conduit beaucoup, et qu’il lui arrive souvent de prendre des autostoppeurs afin de combler la solitude du trajet.
16H00, heure suédoise, soit en réalité deux heures après le
départ de Tornio : Mon chauffeur a la délicatesse d’effectuer un léger détour avant l’arrivée à Luleå, qui nous fait traverser le village-église de Gammelstad, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui est l'exemple le mieux
préservé d'un type de ville unique autrefois répandu dans le nord de la Scandinavie, la ville-église. Ses maisons en bois serrées autour de l'église en pierre construite au début du
XVe siècle n'y étaient en effet utilisées que les jours de culte et de fêtes religieuses par les fidèles venus des campagnes environnantes. Après cette parenthèse touristique, nous arrivons à Luleå. La voiture s’arrête juste devant
l’entrée de la gare. Je remercie chaleureusement mon transporteur et le quitte, avant de me traîner sous la charge des bagages jusqu’à un endroit où je pourrai précisément les entreposer avant le
départ du train. Place ensuite à un petit tour de ville ! Le dos léger, mais le cœur toujours lourd…
21H10 : Embarquement à bord du
train de nuit pour Stockholm, où je dois arriver près de 15 heures plus tard. Comme dans tout train de nuit, le sommeil est difficile à trouver et pour le moins assez inconfortable… Collé à la
vitre, j’alterne donc les phases de pré sommeil et celles où je scrute l’extérieur, découvrant forêts, collines et lacs de ce nord de la Suède, que le train parcourt de gare en gare, toutes très
calmes et presque désertes. Bercé de temps à autres par la mélodie des conversations suédoises discrètes de mes voisins de wagon, je finis par trouver le sommeil, tourmenté d’un défilé onirique
d’images de cette année d’aventure dans le Grand nord…