Mélancolie via la Suède du nord au sud

Publié le par Sylvain

La Suède est un pays fort long, du nord au sud. Les contrastes défilent au fur et à mesure du tout aussi long voyage en train qui me conduit cap au sud toute vers de nouveaux périples sur le chemin du retour définitif. La conclusion de mon année dans le grand nord. Longs aussi le défilé des souvenirs, la nostalgie de l’expérience, la tristesse du retour…

Luleå, la Suède vue du nord
A l’instar de Rovaniemi du côté finlandais, Luleå, avec sa cinquantaine de milliers d’habitants, constitue le pôle principal de la vaste région du Norrbotten. Les principales activités économiques pourvoyeuses d’emplois de la ville sont la mine d'acier et l'université « Luleå University of Technology ». Par ailleurs, une force armée aérienne est en poste à Luleå. La similitude avec Rovaniemi se retrouve dans le style d’urbanisme : pas de constructions très anciennes, aménagement aéré et fonctionnel... D’ailleurs, la ville fut presque entièrement reconstruite, suivant un plan en damier, après le grand incendie qui la dévasta en 1885. Un passé ravageur qui rappelle celui de Rovaniemi, une soixantaine d’année plus tard. La ville est située sur une péninsule au nord du Golfe de Botnie (qui sépare la Suède et la Finlande). Le port de Luleå a une importance particulière (déjà acquise au Moyen Âge) pour le minerai de fer provenant notamment de Kiruna. Pendant l'hiver, le trafic maritime se fait tout à fait normalement avec le support des brise-glaces (le brise glace suédois l’Armada y a son port d’attache). Malgré un doux soleil fort sympathique, la ville de Luleå m’apparut froide et assez déserte, autant sans doute que l’est objectivement Rovaniemi, mais l’attachement dû au vécu en moins, bien sûr. Les Suédois que j’y ai rencontrés – cette jeune hôtesse de l’office du tourisme au regard et à l’accent foudroyants, ou ce passant distingué qui m’a accompagné quelques minutes dans la rue jusqu’à ce qu’il ait obtenu l’information nécessaire à satisfaire la demande d’orientation pour laquelle je l’avais abordé – se sont montrés charmants et particulièrement serviables, à l’image de la politesse et de l’intelligence suédoises qu’on dépeint tant et qui contraste à première vue, certes, avec la rudesse et la froideur des Finlandais.

Défilé de panoramas suédois
J’évoquais il y a quelque temps la primauté de la Suède dans l’incarnation de la Scandinavie et de sa réputation. Côté nature aussi, la Suède semble emblématique du meilleur de la Scandinavie. Le climat suédois est relativement tempéré, même si de grandes variations existent bien sûr entre le sud et le nord du pays. La densité de population est très supérieure au sud. De nombreux lacs, dont certains parmi les plus grands d’Europe, s’assortissent à merveille aux vertes vallées et aussi verdoyantes collines et petites montagnes. Tandis que le sud agricole est constitué de plaines, les forêts sont de plus en plus nombreuses en remontant vers le nord. Côté mer, les rives de la Baltique sont faites de quelques fjords, mais essentiellement de longues côtes entrecoupées avec un très grand nombre de petits golfes. Ce sont tous ces paysages que sillonne mon train aujourd’hui, mon regard par la fenêtre scrutant toutes ces particularités et ces charmes suédois qui défilent, à l’image des troupeaux de moutons et des petites bâtisses de bois rouge éparpillés à l’horizon qui défilent, autant qu’il fuie ainsi l’ennui de la longueur du voyage et la mélancolie du moment.

Sur les rails, jusqu’au pont-tunnel de l’
Øresund
Ce train de nuit qui assure la très longue liaison entre l’extrême nord du pays et la capitale doit arriver à Stockholm à la mi-journée, où je dois rapidement embarquer dans un autre convoi à destination de l’extrême sud du pays. L’arrivée à Stockholm me rappelle mon récent périple dans la capitale scandinave, et cette traversée en train de la ville aux façades colorées et aux rivages escarpés me laisse même apercevoir des secteurs de la ville que je n’avais pas arpentés. Le retour à Stockholm est néanmoins bref. A la gare centrale, j’embarque à bord du X 2000, train suédois à grande vitesse, et au confort bienvenu, à commencer par les prises électriques à disposition qui pourraient à raison faire la jalousie des voyageurs de la bonne vieille SNCF ! Bientôt, il s’élance vers les plaines du sud du pays, ses vastes openfields et ses alignements d’éoliennes. C’est alors qu’après toutes ces contemplations, je me trouve victime de la rigueur suédoise, avec le déplacement du contrôleur à la demande d’une passagère qui avait observé que j’occupais la place numérotée qui aurait du être la sienne. Règlement courtois et efficace du litige, tout de même. Et voyage agréable et sans incident supplémentaire (environ quatre heures pour couvrir la grande distance) jusqu’à Malmö ! Là, nouveau changement qui doit me mener jusqu’à Copenhague. Les deux villes sont séparées de quelques kilomètres par le détroit de l’Øresund, qui relie la mer Baltique au détroit de Kattegat (en direction de la mer du Nord). Copenhague et Malmö sont reliées depuis 2000 par le pont du même nom (côté Malmö, constitué de 52 piliers et 4 pylônes), qui se prolonge par une île artificielle de 4 km de long (pour permettre la continuité de la circulation routière et ferroviaire) puis un tunnel (côté Copenhague, 3,7 km au fond de la mer). L’ouvrage est à deux niveaux, comprenant sur la partie supérieure une autoroute et sur la partie inférieure une ligne de chemin de fer. Le pont de l’Øresund est le plus long pont à hauban à double tablier (route et chemin de fer) du monde. C’est un équipement-phare de la connexion, très active entre les villes – et les régions – de part et d’autre du détroit. De nombreuses fois par jour, en moins de trente minutes, la liaison est réalisée.

Publié dans Carnets de voyages

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