Copenhague, sous le soleil

Publié le par Sylvain

L’arrivée à Copenhague, après un si long voyage commencé la veille, a quelque chose d’apaisant. D’abord, je me suis débarrassé à la gare d’une bonne partie de mon encombrant chargement, laissée à la consigne où je dois repasser dans trois jours, après mon détour par Oslo. Je me sens donc tout léger et heureux de respirer le grand air du dehors, quand bien même c’est celui du très fréquenté boulevard de la gare, sous un soleil néanmoins fort agréable…

Le Danemark, un melting-pot à la scandinave
Il y a une réalité à l’arrivée à la gare de Copenhague. Une impression qui est peut être celle des personnes oubliées par le temps, des ruraux retirés au fond de la campagne, ou des exilés en Laponie de retour « au sud »… Le Danemark est de toute évidence un pays cosmopolite, où des communautés d’immigrés de provenances variées sont établies de longue ou fraîche date et se mêlent à la population locale. Un contraste d’autant plus frappant et visible que la physionomie de cette population est nettement distinct du profil pâle, blond et élancé des Danois(es) de souche. Oui, à la différence de la Finlande, le Danemark est un melting-pot. Cette première impression se confirme quand, à bord du bus qui me conduit sur l’autre île de la ville où se trouve l’auberge de jeunesse où je dois passer la nuit, j’observe en dehors la variété de commerces « exotiques », et autres kebabs qui différent des petits cabanons à hot dog couleur locale. La majorité de la population est certes d’origine scandinave, et le danois est parlé partout dans le pays, bien qu’une faible minorité germanophone existe près de la frontière allemande. Toutefois, la population comporte aussi un petit groupe d’Inuits (du Groenland), de Féroïens, et surtout 8,9% d’immigrants venus d’ailleurs. Un chiffre comparable aux situations suédoise et norvégienne, ou plus généralement d’ailleurs de la plupart des pays d’Europe occidentale.

Une ville pleine de vie
Copenhague, à l’instar de beaucoup de capitales, est une ville très animée. Mais quand l’animation de certaines rime avec trafic infernal, pas pressés et divers bruits urbains, la capitale danoise semble offrir au contraire un cadre de vie privilégié. D’abord, c’est le paradis des piétons qui occupent l’essentiel de l’espace de la rue. Même les marathoniens sont à l’honneur, en tout cas ce jour ci, puisqu’un grand marathon se déroule à travers les rues du centre de Copenhague. Et les cyclistes ne sont pas en reste. En plein cœur de la capitale danoise, Tivoli apparaît comme le symbole d’une ville vivante et animée. Les jardins de Tivoli constituent en effet une des attractions majeures au centre actuel de Copenhague. Il s'agit d'un parc d'attractions comprenant montagnes russes et autres trains à sensation (très peu pour moi, ces jours ci !), mais aussi lieu d’accueil d’expositions, concerts, etc. La présence de l’eau vient compléter le paysage de ce cadre de vie : de nombreux canaux traversent la ville. Aux bords de ceux-ci et au-delà s’élèvent les monuments royaux qui rappellent l’importance de la ville. Copenhague abrite en effet le parlement national et le gouvernement, mais aussi le siège de la monarchie du pays. En danois, København est une déformation de « Købmandshavn », le port des commerçants, qui rappelle la position stratégique de la ville, à l'entrée de la mer Baltique. La ville de Copenhague est située sur deux îles distinctes : sur la côte orientale de l'île de Sjælland, d’une part, et sur l'île plus petite d'Amager, de l’autre. La population de la région métropolitaine de Copenhague est de plus d’un million et demi d’habitants.

A vos vélos
 !
A Rovaniemi, j’ai pris l’habitude de voir beaucoup de vélos, et devenir moi-même utilisateur quotidien de ce mode de transport pratique et écologique. J’ignorais encore que la petite reine pouvait ailleurs en Scandinavie être encore plus en vogue… A Copenhague, le nombre de vélos à la vue est impressionnant, autant ceux à la circulation que ceux au stationnement. Toutes les rues sont envahies de vélos ici et là. J’ai moi-même pu pédaler dans la capitale danoise grâce aux vélos gratuits à disposition des passants dans le centre ville de Copenhague. Une pièce de monnaie vous permet, à l’instar du fameux système des caddies, de prendre possession d’un de ces nombreux vélos. Une fois l’utilisation finie, il suffit juste de le raccrocher quelque part ; de nombreux « parcs » à vélos sont disponibles dans le centre ville, dans un périmètre défini auquel l’utilisation de ces vélos est limitée. La municipalité a d’ailleurs fait de gros effort pour favoriser l'utilisation de la petite reine : de nombreuses pistes cyclables existent dans quasiment toute la ville, en plus de la flotte de vélos publics gratuits disponible parait-il de mai à octobre.

La modernité décomplexée
Le Royaume du Danemark, est le plus petit des pays scandinaves (si l'on fait abstraction de ses deux régions autonomes, le Groenland et les îles Féroé). Le Danemark est constitué d’une péninsule, le Jutland (Jylland) et de 443 îles, dont 76 sont habitées. Beaucoup d’îles sont reliées par des ponts. Le climat est tempéré avec des étés doux et des hivers frais. Jusqu’au XIe siècle, les Danois participaient aux expéditions vikings, colonisant, commerçant et pillant partout en Europe. Le Danemark a ensuite longtemps tenu un rôle majeur en Europe du Nord, contrôlant à un moment ou à un autre l’Angleterre, la Suède, la Norvège, la mer Baltique et des territoires en Allemagne. Il est membre de l'Union européenne depuis 1973. Le Danemark a une économie de marché moderne. Le niveau de vie est élevé. Très dépendant du commerce extérieur en raison de la taille de son propre marché, le pays tire une partie importante de sa croissance de ses exportations (32% de son PIB), concentrées sur certains produits, notamment produits pharmaceutiques, biens d’équipements industriels, mais aussi pétrole et gaz naturel. Sans oublier des produits alimentaires (porc, poisson, céréales) et des produits manufacturés grâce à une industrie spécialisée dynamique. Plusieurs entreprises danoises ont acquis une notoriété mondiale sur des niches spécialisées en forte croissance (bière, fenêtres de toit, éoliennes, composants pour le chauffage et la climatisation, transport maritime, jouet, etc.). Le fonctionnement du marché du travail se caractérise par un système de flexicurité, qui allie flexibilité pour l’employeur et sécurité pour le salarié.

Coucher de soleil
En fin d’après midi, après avoir pleinement profité de Copenhague et de l’atmosphère qui y règne, il est grand temps de me rendre au port afin d’embarquer pour Oslo. Le temps me manque même, et c’est en taxi que je rejoindrai, heureusement à temps, l’embarcadère. Aucune attente pour accéder à bord du ferry, puisque je suis de toute évidence un des ultimes passagers à franchir la passerelle. Après avoir trouvé ma cabine et entreposé les quelques affaires qui m’accompagnent encore, je file vers le pont, un rituel à chacun de mes voyages en ferry ! Le doux soleil du jour continue à rayonner à la perfection, ni trop brutalement ni trop timidement. A l’horizon on distingue côté ville les entrepôts du port et au loin quelques clochés du centre ville, côté mer de nombreux plaisanciers qui voguent gaiment non loin du ferry mastodonte, et au loin plusieurs lignes d’éoliennes actionnées par le léger vent marin. Il parait que, dépourvu de ressources énergétiques hydrauliques et nucléaires, le Danemark s'est résolument tourné vers la production éolienne en mettant en place un parc considérable, terrestre mais aussi en plein mer, qui répond à 10% des besoins électriques du pays ! Bientôt la sirène du navire vrombit et les quais s’éloignent peu à peu. La direction d’Oslo nous fait toujours longer de près ou de loin les côtes danoises ou suédoises. Je me dirige quant à moi vers la boutique hors taxe chercher quelques victuailles à savourer sur le pont. En fin de soirée, le soleil finit par décliner et nous offrir un magnifique coucher sur la ligne d’horizon marine…

Publié dans Carnets de voyages

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