Oslo, la capitale restante

Publié le par Sylvain

A mon réveil ce matin le ferry s’est déjà engagé dans le fjord d’Oslo, dont la ville du même nom se situe à l’extrémité septentrionale. Malgré le gros détour occasionné, outre des avantages offerts par mon Pass Interrail j’entends bien profiter de ces derniers jours en Scandinavie pour ajouter à mon « tableau de visites » la dernière capitale des pays scandinaves dont je n’ai pas encore foulé les rues. La plus grande ville de Norvège, ce pays étonnant qui réunit tous les superlatifs, ne doit elle pas s’avérer tout aussi passionnante ?

Une ville neuve et moderne
Oslo fut fondée aux alentours de l’an 1048, et s’affirma comme capitale seulement à partir du XIVème siècle. La ville fut rebaptisée Kristiania, en l'honneur du roi Christian IV qui la fit reconstruire après le grand incendie de 1624. Fréquentée par des artistes de renommée internationale comme Henrik Ibsen, Edvard Munch, Knut Hamsun et Sigrid Undset (Prix Nobel de littérature), Oslo connut un véritable âge d’or culturel. Oslo a par ailleurs accueilli les VIe Jeux olympiques d'hiver en 1952, consacrant ainsi son statut de grande ville du monde occidental. En mai 1995, les Accords de Paix entre Israéliens et Palestiniens y furent signés. La capitale norvégienne offre tout de suite une vision rassurante. La gare ferroviaire centrale, qui sera mon repère principal dans Oslo, se trouve à l'est du centre-ville. De là, la porte Karl Johans forme une voie royale jusqu'au palais, traversant le centre-ville d'est en ouest. Très commerçante, l'avenue Karl Johans est la rue principale d'Oslo. Riche en musées, en parcs et en monuments, le centre-ville est un mélange agréable d'architecture ancienne et moderne. La plupart des grands édifices symboliques datent du XIXe siècle, tels le Palais Royal, le Parlement, l’université d'Oslo, le Théâtre national et la Bourse.

Une ville de paix et de tranquillité
La capitale de la Norvège, pourtant première ville du pays, respire une étonnante tranquillité. De nombreux parcs et espaces ouverts donnent un aspect aéré et vert à la ville ; aucun espace vert ou forêt n'est distant de plus de dix minutes à pied de la porte de chaque habitation. La première station de sports d'hiver est à trente minutes au plus du centre-ville. Bien que la surface couverte par la ville soit remarquablement vaste par rapport aux autres métropoles européennes, la population osloïte reste faible. Avec une population d'environ 550 millions d'habitants, la ville regroupe 11,5% de la population norvégienne. Le cadre de vie unique offert aux citadins comporte des contreparties : selon les statistiques de 2006, Oslo est la troisième ville la plus chère au monde en termes de logement, après Tōkyō et Ōsaka ! L’image paisible d’Oslo semble rayonner dans le monde. C’est au Rådhuset, l'Hôtel de Ville, que se tient chaque année la cérémonie publique du Prix Nobel de la paix. A quelques mètres se dresse le Nobels Fredssenter, « Centre Nobel pour la paix », à la mémoire de plus de cent ans de prix Nobel de la Paix et des conflits dans le monde. Symbole majeur pour l’identification de la ville à l’étranger. A quelques mètres de ces deux édifices, l’imposante forteresse médiévale d'Akerhus domine le port de plaisance, au sud. Ce centre de commandement militaire consiste surtout en un ensemble architectural ouvert au public, enchâssé entre deux des baies d'Oslo (Pipervika et Bjørvika).

La Norvège, un pays à part
La Norvège réunit les superlatifs : pays le plus riche (voire le plus cher !), le moins densément peuplé, le plus généreux socialement… La Norvège (de « Norðrvegr », chemin du Nord) occupe tout l’ouest et le nord de la péninsule scandinave. Elle possède ainsi des frontières communes avec la Suède, la Finlande et la Russie. Les côtes norvégiennes s’étalent au total sur plus de 83 000 kilomètres, ponctués de fjords et d’une multitude de petites îles. Elles bordent à la fois la mer du Nord au sud-ouest, la mer de Norvège à l’ouest et la mer de Barents au nord-est. Le pays compte environ 4 600 000 habitants, mais compte-tenu de sa très grande superficie, c’est après l'Islande le moins densément peuplé d'Europe ! Contrairement aux idées reçues, le climat norvégien est raisonnablement tempéré, en particulier sur le littoral grâce à la chaleur amenée par le Gulf Stream. Ainsi, les bateaux peuvent naviguer du sud à l’extrême nord du pays tous les jours de l'année, alors que les eaux de la mer Baltique (entre Suède et Finlande notamment), plus au sud, sont elles prises par les glaces ! En revanche, il est exact que le relief du pays est très accidenté : jusqu’à 2469 mètres d’altitude, pour le mont Galdhøpiggen. Concernant son histoire, la Norvège est également atypique. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fut dans le rang des hérauts de la neutralité. Mais lors de la Seconde Guerre mondiale, cette doctrine associée à sa puissance navale dissuasive ne suffît pas à épargner le pays de l'occupation allemande. Dès lors, le concept de neutralité à la norvégienne s'est mué en celui de sécurité collective. La Norvège fut l’un des membres fondateurs de l’OTAN, en 1949. Elle fournit aussi à l’ONU son premier secrétaire général, Trygve Lie. Les Norvégiens, et en particulier les plus pêcheurs, ont refusé à deux reprises par référendum de rejoindre l’Union européenne (en 1972 et en 1994). Cette question divise toujours la population. En revanche, le parlement et le gouvernement sont en dialogue permanent avec les autres pays de la région dans le cadre du Conseil nordique. L’économie norvégienne, enfin, est un bastion prospère du capitalisme social. Le taux de chômage est souvent proche des 2% de la population active. Le gouvernement, par le biais de grandes entreprises publiques, contrôle quelques domaines particulièrement stratégiques, comme une partie du secteur pétrolier. Le pays regorge de ressources naturelles : pétrole, gaz, hydroélectricité, poissons, forêts, minéraux... Les énergies représentent à elles seules près de 40 % des exportations du pays : seules l’Arabie saoudite et la Russie exportent davantage que la Norvège (qui ne fait d'ailleurs pas partie de l'OPEP) ! Malgré tant de prospérité, les Norvégiens sont aujourd’hui …inquiets ! Leurs soucis concernent l’horizon des deux prochaines décennies, lorsque les réserves de gaz et de pétrole commenceront à s’épuiser. C’est pourquoi le pays engrange, depuis déjà plusieurs années, une partie des revenus générés par le pétrole, dans un énorme « fonds pétrolier de Norvège »...

Une journée tranquille de balades curieuses à travers Oslo, à l’issue de laquelle je me sens familiarisé à la singularité norvégienne et à ce cadre de vie certes séduisant mais que certains – touristes ou non – trouveront contraignant voire ennuyant… Oslo est une ville harmonieuse mais sans le charme qui se dégage parfois de villes bien plus tumultueuses.

Publié dans Carnets de voyages

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