Bergen, l’autre bout de la Scandinavie

Publié le par Sylvain

Après le Cap Nord et la capitale du pays, j’ai décidé de partir à la découverte d’un autre visage de la Norvège : celui des montagnes et des fjords, en prenant la direction de Bergen, à l’ouest du pays. Beaucoup de raisons de faire cette ultime excursion en train ! D’abord, le Pass Interrail dont je dispose, mais aussi les contrastes des paysages traversés par la ligne Oslo-Bergen, réputée parmi les plus belles du monde…

Le « Oslo-Bergen », un train de haute renommée
Le train "Signatur" Oslo - Bergen commence son trajet par un long tunnel sous la ville. Il part donc de l'altitude 0 pour terminer à la même altitude, mais sur son chemin il montera jusqu'à au moins 1 222 mètres. Le voyage doit durer huit heures. Je suis installé dans un wagon moderne et confortable où ont pris place de nombreux autres touristes. Sur ce début du parcours, une fois sortis du tunnel/de la ville, on découvre des paysages variés, surtout boisés et verdoyants parsemés de belles maisons de bois colorées. Les environs d’Oslo sont vallonnés et on peut remarquer une multitude de lacs. Un peu plus tard, les paysages le long de la ligne deviennent bien plus montagneux et caillouteux. Puis, bientôt, les bas côtés et les paysages sont recouverts de neige, tandis que le train n’en finit pas de monter et que les sommets de ces alpes scandinaves semblent bien se rapprocher ! Au point culminant du parcours, en gare de Finse, à 1 222 mètres, le beau temps de la matinée s’est transformé en temps glacial et le vent balaie les flocons qui tombent du ciel. Le temps d’une brève sortie sur le quai l’instant d’un cliché et il est grand temps de remonter pour me réchauffer mais aussi parce que le train repart ! Nous arrivons bientôt à Myrdal où le train pour Flåm est sur le départ. La ligne Flåmsbana est réputée comme un chef d’œuvre de l'ingénierie ferroviaire. Commence ensuite la longue descente vers les fjords et Bergen. Bien plus tard, le train commence enfin à longer les fjords...

La 2ème ville norvégienne, en position de choix
Avec près de 250 000 habitants et 1000 ans d’existence, Bergen constitue une agglomération majeure en Norvège, la deuxième du royaume après Oslo. Pourtant, l’atmosphère et l’apparence de la cité lui donne des allures de petite ville de pêcheurs perdue aux confins des fjords, de la mer du Nord et des montagnes… En réalité, la municipalité est morcelée entre plusieurs quartiers distincts Sandviken (au nord), Nygaardshoyden (à l’ouest, où se trouve notamment l’université de Bergen), Nygaardstangen (au sud, où se trouvent notamment la gare ferroviaire, où je suis arrivé, et la gare maritime, jusqu’à laquelle j’ai marché) et Mount Floyen (à l’est), qui s’étendent avec harmonie dans plusieurs vallées au gré des reliefs de la ville. Le centre historique se développe autour de Bryggen, vieux port et vieux quartier marchand, qui comporte le célèbre quai dévolu au marché aux poissons (développé par les Allemands au Moyen-âge lorsque ceux-ci dominaient des activités commerciales de Bergen), et compte environ 35 000 habitants. L’isolement de Bergen ne serait donc que limité aux apparences et sans doute pour une large part lié à mon interprétation personnelle marquée par le l’itinéraire tumultueux emprunté en train pour venir jusqu’ici… L’emplacement de la ville s’est toujours révélé très favorable au commerce maritime et, par suite, aux activités commerciales et industrielles, à tel point qu’elle acquit une dimension européenne et même le rang de plus grande ville nordique au Moyen-âge. Bergen, qui fut avant Oslo capitale du royaume de Norvège, a donc depuis longtemps rayonné bien au-delà de sa tradition de ville spécialisée en exportations poissonnières.

L’eau, mot clé pour Bergen
Bergen est opportunément surnommée « ville de la pluie » (ou encore « Seattle européenne »). Sa pluviométrie hors du commun et ses précipitations impressionnantes ont vu fleurir dans les rues des distributeurs de parapluies ! Et selon un dicton norvégien, si chaque norvégien nait les skis au pied, les natifs de Bergen font exception, en naissant eux un parapluie à la main ! Il faut dire que les averses se succèdent, et qu’il est bien dur de rester durablement au sec à l’extérieur en cet endroit ! Scientifiquement parlant, la cause de cette particularité climatique locale serait due au fait que les nuages en provenance de la mer viennent se briser puis se vider sur les montagnes surplombant cette ville côtière. Sinon, du point de vue climatique, Bergen est une ville exceptionnellement chaude compte tenu de sa latitude (environ 8°C de température moyenne annuelle !), en raison du Gulf Stream. Ce serait ainsi une des villes les plus chaudes et les moins enneigées de Norvège. La mer et la pêche occupent une place majeure à Bergen, véritable ville d’eau, si l’on peut dire ! Aussi bien les gros ferries que les cargos et autres petits bateaux de plaisance arrivent aux portes de la ville. Les bateaux de pêche ont eux naturellement une longue habitude de se faufiler jusqu’au plein cœur de la ville, dont le vieux port constitue un véritable point névralgique.

Epilogue touristique chargé d’émotion
Cette longue et triste soirée passée à Bergen entre averses, fatigue et mélancolie vient clore la page touristique du périple. Dans la solitude du voyageur, mes pensées sont aussi déjà à la nostalgie des mois écoulés. Les souvenirs affluent dans mes songes. Dans quelques heures, puis bientôt dans quelques minutes, il sera enfin temps d’embarquer à nouveau dans le train pour Oslo, qui sera le premier d’un long retour vers Chartres, où je dois arriver dans une quarantaine d’heures…

Publié dans Carnets de voyages

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