Le long chemin du retour final

Publié le par Sylvain

Depuis Bergen, longue nuit à bord du train pour Oslo, dans le wagon des sièges, heureusement agrémenté d’un élémentaire confort apporté par la compagnie norvégienne qui offre à chaque passager de nuit un oreiller gonflable, un masque et une paire de boules quiès. Délicate intention, unique en son genre. Destination la capitale norvégienne donc, où il s’agit au petit matin de changer de train, pour Göteborg cette fois, puis Malmö et Copenhague.

La matinée et l’après midi consistent donc pour moi en un long défilé de paysages du sud scandinave, norvégiens puis suédois. Par ici, c’est surtout les plaines et les forêts qui prédominent. Les nombreux arrêts dans les gares du parcours ne manquent pas de laisser entrevoir le charme de nombre de ces petites villes dont une brève traversée m’est ainsi proposée. Pour la deuxième fois en quelques jours, je relie Malmö à Copenhague en franchissant l’impressionnant pont entre les deux rives.

Rendez vous avec mes encombrants bagages, laissés depuis trois jours en toute sécurité dans la capitale danoise. Quelques dizaines de minutes de retrouvailles avec Copenhague – enfin surtout sa gare – puis c’est déjà l’embarquement pour Hambourg. Le train traverse la campagne danoise, avant de s’embarquer tout naturellement sur le petit ferry qui lui permettra de franchir la mer et d’arriver en Allemagne. En 24 heures, j’aurais donc relié la côte ouest norvégienne au nord de l’Allemagne par la voie ferrée.

A Hambourg, bref intermède le temps de traîner mes bagages d’un quai à l’autre et d’embarquer dans un Thalys de nuit à destination familière. Paris, la France. La nuit s’avèrera peu confortable, environné de la présence certes ré-chauffante de cinq voisins de nuit dans cette cabine minuscule remplie à plein de personnes et d’affaires. La dureté et l’étroitesse de la couchette, ajoutées à la fréquence des freinages du train, me rappellent tant le voyage a déjà duré et tant de fois il a fallu tant bien que mal tirer et porter ces dizaines de kilos d’affaires que je convois depuis la Finlande depuis maintenant plusieurs jours. Mon dos me fait souffrir, et le sommeil est difficile. A l’aube, fausse alerte quand brutalement réveillé par deux des pensionnaires de cet étroit compartiment, j’apprends que ceux-ci s’apprêtent à descendre à la gare où nous entrons, Bruxelles. Puis en début de matinée le train à grande vitesse entre enfin dans Paris. Arrivée en Gare du Nord bondée. La file d’attente pour les taxis m’incite vite à prendre laborieusement le chemin du métro, d’une part, et déjà à maudire la difficulté des transports parisiens et la foule française, d’autre part. Me voilà donc dans les couloirs du métro traînant et pliant sous le poids des charges. L’arrivée à la gare Montparnasse et l’épreuve des longs escaliers compléteront le périple souterrain, jusqu’au quai où, enfin arrivé, j’apprendrais que le train pour Chartres vient de partir il y a une minute et qu’il faut maintenant attendre le prochain départ, dans plus d’une demi heure…

Publié dans Carnets de voyages

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