CONCLUSION : Le goût de la liberté

Publié le par Sylvain


La Finlande me manquera. La vie Erasmus aussi. Le goût de la liberté, lui, restera je crois. Je ne pourrai m’en défaire. Ce goût de la liberté, c’est parfois celui de ne rien faire, ou parfois c’est au contraire la volonté de faire beaucoup. Pour une existence qui allie dilettantisme et hyperactivité, subtilement mais sans juste mesure. C’est le fait de se fixer tout seul ses objectifs, et d’oser l’audace d’en négliger d’autres plus conventionnels.

Il y a une évidence. Quand un oiseau s’échappe de sa cage, même aux barreaux dorés, il n’y reviendra pas. Jamais il ne refranchira la petite porte, même s’il elle a été laissée ouverte. Bien vite il aura pris goût au grand air. Malgré tous les aléas de l’en dehors, les risques. Quel que soit le confort de son univers confiné d’origine, l’équilibre qu’il y trouvait, il ne pourra s’y retrouver après son évasion. Cette métaphore illustre sans doute la poésie que je crois retenir de cette aventure.

Le goût de la liberté est une aubaine par tout ce qu’il peut apporter en sagesse, en ouverture d’esprit, en rêves d’avenir. C’est aussi un fardeau en ce qu’on se trouve malgré tout un au milieu d’une masse d’individus qu’une certaine force voudrait conduire à organiser, attribuer un rôle et une place à chacun. Contenir son aspiration à la liberté et se résoudre à occuper cet espace qu’on veut bien nous confier, à condition qu’on n’outrepasse pas ses frontières, conventions et traditions ? Ou cultiver ses rêves, suivre ses intuitions, entretenir ce mouvement qui nous entraîne de surprise en découverte, d’inconnu en révélation ? La raison ou le cœur. La sécurité ou l’incertitude. Le choix d’une vie ! Pas de compromis ?

Bien peu sont ceux qui paraissent aspirer réellement à la liberté. Peut être n’est ce que parce qu’aussi peu y ont un jour goûté. La plupart des gens cherchent des repères, des points de fixation. Ils s’y accrochent pour s’y sentir protégés. D’autres, à l’inverse, les fuient, pour ne pas s’y sentir attachés. Mais le goût de la liberté se transforme souvent un jour en une aspiration déçue. Voila pourquoi beaucoup ont renoncé. Durant cette aventure, j’ai ressenti la douce impression que l’heure de cette terrible renonciation n’était pas encore venue pour moi...

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