La traque aux rennes et élans : épisode 1

Publié le par Sylvain

Ce soir, nous avons décidé, avec Loïc, un autre Français, d’aller traquer le renne et l’élan dans un endroit pas trop loin d’ici où nous avons de bonnes chances d’en croiser. C’est en tout cas ce que dit Loïc, qui a passé deux semaines de vacances dans un cottage là bas, et qui a croisé plusieurs fois le fameux animal. Alors c’est parti, armés de nos appareils photos, pour l’expédition. Après environ six ou sept kilomètres de trajet, dont une bonne partie sur des sortes de pistes à la lapone, nous voici comme au cœur de la savane lapone.

Les sens aux abois

Ici, dans ce paysage étrange, composé de forêts mais aussi d’étendues d’une herbe étrange, il règne une assez forte odeur de bois. Et oui, la nature est si présente qu’ici les odeurs sont naturelles. En roulant à travers ces forêts lapones pourtant si près de la ville, il y a une sensation étrange, mais pas désagréable : à certains endroit, on a la sensation d’entrer dans un courant d’air chaud. Je ne sais pas encore quelle est l’explication physique de ce phénomène ; et je le trouve véritablement intriguant. L’ouïe n’est pas le dernier des sens requis ici : il règne un silence paisible parfois entrecoupé d’un bruit provenant de la ville au loin, ou d’un oiseau caché on ne sait où dans la végétation. Enfin, nos yeux sont à l’affût d’un quelconque mouvement de gros animal, ou de l’émergence à travers la végétation de longs bois autres que ceux des arbres…

Expédition camouflage

A présent, nous sommes depuis plusieurs kilomètres sur cette piste, et toujours rien. Nous nous arrêtons quelques instants à hauteur d’un lac en contre bas, pour essayer d’y discerner la présence d’un éventuel troupeau de cervidés. Mais non. On repart sur quelques centaines de mètres, puis décidons de laisser les vélos pour s’éloigner quelque peu de la piste en marchant. Il s’agit alors de pénétrer dans ce tissu de végétation, sauvage mais peu dense et peu haut, si bien que la visibilité est presque toujours excellente sur ce qui nous entoure. Il faut éviter à certains endroits des trous d’eau, non profonds mais néanmoins humides ! Le sol est très étrange, car très mou. Nos pieds s’enfoncent dans cette sorte d’herbe épaisse à différentes couleurs. Bientôt, nous croisons ce qui a tout l’air d’être les excréments d’un élan. La chose a l’air fraîche : la traque serait elle proche de son but ? Nous voici en bordure d’un lac, mais toujours rien en vue. La luminosité commence à sérieusement diminuer, il nous faut maintenant rejoindre la piste…

Bilan de la chasse

Nous reprenons nos engins, et c’est reparti, en sens inverse, sur la piste à travers la forêt. Maintenant, notre visibilité est nettement insuffisante. Hélas, il semble que nous rentrions de notre chasse tout simplement bredouilles : pas le moindre petit renne à l’horizon, ni même un petit ours brun ! Mais nous ne désespérons pas, et sur le chemin du retour nous gardons l’œil ouvert ! Oui c’est sûr maintenant, alors que nous rejoignons une piste plus importante et les premières habitations, nous serons bredouilles ce soir ! Il faudra revenir ! Enfin, reste dans ma mémoire ce premier contact avec la profonde nature lapone ; pas de renne ni d’élan ce soir, mais des senteurs et des paysages…

 Voir l'ALBUM "Traque aux rennes et aux élans - épisode 1"

Publié dans Ma vie en Laponie

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clement 19/09/2006 19:29

Oh que de joies... Rencontrer les joyeuses bouses de nos amis les elans... Tu vois tu developpe un bon instinct de chasse c'est bien! Et puis rechercher l'élan, ça fait plus classe que de courrir après les lapins! Hein Cognard!