Mode d'emploi de l'Academic Freedom

Publié le par Sylvain

J’ai ces derniers temps une série d’examens qui sont pour moi les premiers ici. Le système est tellement différent de celui qui a coutume en France que c’est l’occasion de vous l’expliquer un peu en détails !

La sauce européenne

Le système européen de validation des acquis universitaires a son unité de mesure : le crédit ECTS. Une licence – la décoration que je vise pour le moment – équivaut par exemple à 180 crédits ECTS. Autrement dit, une année à 60 ECTS. C’est donc l’objectif chiffré qui est inscrit sur ma feuille de route en venant ici.

 

A la University of Lapland, à moi de décider de ma stratégie pour amasser le précieux butin. C’est le principe d’academic freedom – liberté universitaire – qui règne ici. C’est un fonctionnement totalement nouveau pour un étudiant français. Me voilà en quelque sorte chef d’orchestre–compositeur de mon année scolaire, puisque je suis maître du rythme et du contenu ! Ou alors grand chef d’un certain art culinaire si vous préférez… Explications…

 

La carte ou la formule

L’université propose un catalogue de cours différents, sous différentes formes. Les principales méthodes d’évaluation sont : l’examen écrit portant sur des lectures effectuées exclusivement en autonomie, l’examen portant sur les acquis réalisés durant une conférence à l’université, l’essay (une sorte de dissertation documentée). Ensuite, on peut soit choisir le cours et sa forme d’évaluation tels qu’ils sont proposés, soit négocier directement avec l’enseignant une variante, en fonction de ses envies ou de ses besoins d’étudiant…

 

Besoin d’un délai supplémentaire pour passer un exam ? C’est d’accord, un petit mail envoyé au professeur pour se mettre d’accord pour une autre date, et c’est dans la poche ! Envie de vacances ? C’est d’accord, il vous suffit de ne pas prendre de dates d’examens ou de conférences durant la période de vos vacances. Et puis sans doute aussi de cravacher un peu au retour… J’en ai fait l’expérience ! Besoin de tant de crédits ? C’est d’accord le professeur vous donne le nombre de pages qu’il vous faudra écrire dans votre essai pour obtenir ce montant de crédits. Envie de traiter d’un sujet particulier qui vous tient à cœur ? C’est d’accord, un petit mail envoyé au professeur encore une fois et vous avez le feu vert pour parler du sujet qui vous passionne ! Ce n’est pas un luxe quand il faut écrire dix, trente, voire même cinquante pages d’un sujet dans un essay !

Ce système teinté de academic freedom est très agréable dans un sens, mais c’est aussi beaucoup de prévision et d’organisation. Quand la liberté vous appartient, le devoir de la limiter aussi ! On appelle cela la responsabilité.

 

Au menu du semestre

Ce semestre, le hors d’œuvre – copieux – sera du droit pénal avec variantes : Criminology, Criminal Law, et International Criminal Law. Puis m’attendra à l’issue de ce démarrage – donc à partir de novembre – un assommant plat de résistance, un essay d’une quarantaine de pages en European Law, dont je suis au moins libre de déterminer en grande partie le titre et les dates limites pour le rendre. Pour compléter ce menu, deux conférences de Legal linguistics, avec quelques lectures et un essay également. La pause de Noël devra juguler l’indigestion… Car au second semestre il faudra repartir à l’assaut pour conquérir 30 autres crédits ECTS ! La victoire finale (la licence de droit) en dépend.

 

J’espère qu’au final ce protocole sera à mon goût et qu’en tout cas il se révélera la recette du succès. En tout cas une chose est sûre c’est qu’il met un peu de piment dans la façon de savourer les cours, et que plus que jamais tout est une question de juste dosage. Et si dans l’exemple finlandais résidaient les ingrédients d’un changement du système universitaire français ? Laissons l’idée mijoter…

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