Examens sans complexe

Publié le par Sylvain

J’ai expérimenté à intervalles assez courts ces derniers temps le fait de passer un examen en Finlande. J’ai découvert une atmosphère détendue, voire décontractée. Un grand contraste avec mes souvenirs d’examens universitaires et concours en France. Voyons, certes en forçant sûrement un peu le trait, à quel point les différences s’observent.

France : souvenirs d’amphis sous haute sécurité

Avant même de pouvoir pénétrer dans l’amphithéâtre où l’examen se déroule, en France, il s’agit de montrer patte blanche, carte d’étudiant ou pièce d’identité requise. Ensuite, l’étape suivant est généralement une vérification des sacs et des documents apportés (y a-t-il des anti-sèches dans mon code civil ?), avec souvent une nouvelle vérification d’identité. On est ensuite soit guidé vers une place à une distance de sécurité d’avec les voisins d’examen, soit incité à rechercher à quelle place a été préalablement collé son nom pour signifier que c’est là et nulle part ailleurs que l’on pourra plancher. Ensuite, au signal d’une haute sommité de l’université, c’est le départ : les pions se déploient symétriquement à travers les rangées pour distribuer les sujets, tandis que le lieutenant resté sur l’estrade inscrit méticuleusement à la craie et en grands caractères l’heure exact, et après une flèche l’heure exact du gong de fin qui en découle. Attention, ne surtout pas laisser son regard malencontreusement traîner devant, à droite ou à gauche (derrière c’est déjà moins aléatoire…), sous peine d’affronter le regard soucieux et réprobateur d’un des pions placés à intervalles réguliers dans l’amphi. Si vous voulez allez soulager en dehors de l’amphi une pression du bas du ventre, il vous faudra attirer l’attention d’un pion, puis attendre que celui là aille demander au chef le protocole en cas de revendication de ce genre, puis il reviendra pour vous accompagner jusqu’au dit lieu. La minute du gong final venue, l’ordre vous sera intimé de poser les stylos expressément. Ceux qui feindraient de ne pas avoir entendu la sommation s’exposeraient à un vif contentieux avec les ramasseurs de copies.

Finlande : l’honnêteté pour acquise

Quand vous arrivez dans l’amphithéâtre d’examen, parsemé car plus grand que nécessaire vu le nombre d’étudiants venus composer, inutile de montrer patte blanche (et pourtant, avec la neige…), vous indiquez tout de suite la matière pour laquelle vous venez et on vous remet le sujet préparé à votre intention. Ensuite, c’est parti pour l’aventure, sans réelle limite de temps ! Donc pour deux petites questions auxquelles il faut répondre sans réelle exigence de forme, on dispose si on le souhaite de deux fois plus de temps que pour un devoir en France qui consisterait en une dissertation à plan rigoureusement construit, et développement judicieusement argumenté et équilibré. Revenons en à l’atmosphère. En règle générale, une seule personne surveille la salle, scrupuleusement relayée par un collègue à intervalles de temps réguliers. Pour les pauses-pipi ou autres, c’est à horaire fixe ! A l’heure prévue, le surveillant appelle d’abord toutes les demoiselles à profiter de la pause. C’est alors un vaste mouvement de foule féminine qui se dirige vers la sortie. Discrètement, bien sûr, on est en Finlande, mais une fois dans le couloir rien ne les empêche de papoter et d’échanger des conseils portant sur la matière ! Quelques minutes plus tard, c’est autour de la gente masculine d’être conviée à se soulager. Et là, je peux en témoigner, le moment toilette est très professionnel, pas un mot d’échangé entre les voisins d’urinoirs… La fin de l’aventure (on est revenu dans l’amphi entre temps…) se conclue avec le surveillant à qui l’on remet sa copie, en se contentant de lui montrer sa carte d’étudiant… Je dois dire que même dans mon honnête et pur esprit, de nombreuses combines de fraude facile se sont dessinées ! Je n’ai aucune intention de les mettre en pratique, mais je m’interroge sur les possibles failles de ce système…

Bref, pas les mêmes exigences, pas la même atmosphère. Faut il y voir la vertu de la rigueur française ? Ou la volonté finlandaise de faire confiance à l’étudiant et de le mettre à l’aise ?

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