France - Brésil : 3000 - 0

Publié le par Sylvain

Et un, et deux, et trois milliers d’euros ! C’est approximativement la somme que chacun d’entre nous, étudiants d’Orléans, allons percevoir comme aide publique pour notre année à Rovaniemi. Une réelle chance si l’on compare notre situation à celle de nos camarades d’autres provenances…

 

Râleurs gâtés…

Erasmus offre un cadre administratif simplifié pour étudier à l’étranger, et bien sûr une aide financière très intéressante. Néanmoins, il reste quelques formalités fastidieuses à accomplir, l’occasion comme souvent en France de se heurter à une administration de nature compétente et de bonne volonté, tout le monde le sait… Nous n’y avons pas échappé, nous étudiants d’Orléans, et cette semaine il a fallu s’enquérir avec insistance de l’état d’avancement du processus de versement de l’aide financière qui nous est due. Pour apprendre que le même processus était au point mort, certains papiers manquant, sans que nous ne soyons mis au courant de cette carence des dossiers. Encore de l’insistance, et des consignes précises inédites nous sont parvenues de l’administration de l’université d’Orléans. A présent, dans quelques jours nous devrions être enfin riches !

 

Inégalités séculaires

Danilo, étudiant brésilien à Rovaniemi pour un an, a été épaté d’apprendre le montant que nous attendions. Lui a du vendre sa voiture pour financer son année en Finlande, pour laquelle il ne perçoit aucun soutien financier gouvernemental. Encore a-t-il la chance de pouvoir compter également sur un maigre soutien financier familial.

Cela s’inscrit dans le cadre d’un contraste total entre la riche Europe et un Brésil que Danilo nous décrit pauvre et infecté par la lutte des groupes mafieux et des banques, qui contrôlent bien plus la vie du peuple que le fort en voix président Lula… Sans guerre urbaine, sans pollution, sans misère dans la rue, Rovaniemi est qualifié par le même Danilo de sorte de « Neverland ». Il semble aussi ressentir de l’amertume en rappelant que l’enrichissement de l’Europe, qui a conduit à de telles inégalités intercontinentales, s’est justement fait par le pillage de l’Amérique latine – notamment – il y a quelques siècles.

 

Alors de quoi avons-nous l’air, citoyens gâtés de France, à râler contre le simple risque de retard du versement de notre copieuse aide financière, alors même que celle-ci n’est même pas notre ressource unique ? Voyons, un peu de reconnaissance. Merci l’Europe, merci la France, merci la région Centre ! Merci Erasme ! Vive Erasmus ! Et bonne chance Danilo

Publié dans Ma vie en Laponie

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