La vraie légende du renne

Publié le par Sylvain

Selon la tradition populaire, le traîneau du Père Noël est tiré par des rennes. Mais la fonction du renne ne s’arrête pas là. L’animal, mi-sauvage, mi-domestique, est réellement part intégrante du patrimoine et du mode de vie des Lapons et d’autres peuples nordiques…

Quelques caractéristiques…

Le renne est un animal robuste, pouvant peser jusqu'à 200 kg. Son pelage est dans les teints brun ou gris, plus rarement tout blanc. Les poils sont vides comme un tube et en font un excellent nageur en plus de l'isoler du froid. Mâles et femelles portent des bois recouverts d'un velours l'été, qu'ils perdent à l'automne. Le renne se nourrit d'herbes, de buissons et de lichens, qu'il doit parfois chercher sous la neige.

En fonction des saisons, il doit effectuer de longues migrations dans la toundra pour survivre, n'hésitant pas à traverser fleuves et bras de mer. Les prédateurs sont le loup, les différents ours selon les régions, et de façon plus anecdotique en Laponie le redoutable glouton, soupçonné de tuer les rennes par simple plaisir, selon une méthode singulière : assaut vertical, depuis une branche d’arbre, puis arrachage de la tête de la proie…

Le renne et l’homme

On ne sait pas quel peuple a domestiqué le renne en premier. Ce savoir-faire a été transmis de la Sibérie à la Scandinavie autour de l'an 1000 avant Jésus-Christ. La domestication du renne a ensuite été introduite au Groenland, en Alaska et au Canada, où les rennes avaient jusque là été uniquement chassés, au cours du vingtième siècle. On trouve aussi des populations de rennes en Asie centrale, où il est utilisé, comme en Laponie, comme bête de trait.

Les rennes peuvent aller et venir librement, ce sont les hommes qui les suivent. Les bêtes sont rassemblées quelques fois par année pour marquer les jeunes ou tuer quelques animaux. Le rassemblement des troupeaux est pratiqué aujourd'hui à l'aide d'hélicoptères et de moto-neiges. A ces occasions, qui peuvent prendre plusieurs jours consécutifs et tenir les animaux loin de leur lieu de pâturage habituel, les rennes reçoivent en compléments alimentaires des fourrages ou encore des aliments concentrés à base d’avoine et d’orge.

La culture du renne

Pour posséder des rennes, il ne suffit pas toujours de le vouloir… Dans les pays Scandinaves voisins de la Finlande, comme la Suède et la Norvège, il est nécessaire d’appartenir à l’ethnie sâme pour pouvoir s’établir comme éleveur. En Finlande, l’élevage des rennes n’est pas réservé à l’éthnie sâme. Tous les Finlandais non sâmes ou tous les ressortissants de la Communauté Européenne peuvent être attributaires d’un quota de rennes selon les disponibilités du district sur lequel ils veulent exercer leur talent d’éleveur. Le nombre de rennes, très réglementé, est décidé par le Ministère de l’Agriculture et de la Forêt pour une période de 10 ans.

Pour plus d’information, voir le site de la Fédération finlandaise des éleveurs de rennes, dont il existe même une version en français ! www.paliskunnat.fi

Les fonctions du renne

En Laponie finlandaise, et plus on monte vers le Nord, l’élevage des rennes prend une importance économique, mais aussi sociale. L’élevage des rennes n’est pas un métier comme les autres, c’est une façon de vivre. C’est là toute son originalité culturelle.

Les petites exploitations ont la possibilité de transformer leur propre production de viande, c’est-à-dire d’organiser l’abattage dans des abattoirs aux normes européennes, de pratiquer la découpe, la mise sous vide, le fumage, le séchage qui sont des facteurs très valorisants pour les petites entreprises familiales. Il faut ajouter les sous-produits de l’abattage comme les peaux et les bois destinés à l’industrie et à l’artisanat local et qui représentent une valeur non négligeable.

La place réservée au tourisme dans le cadre de l’élevage des rennes va grandissante. Les familles qui exploitent des petits troupeaux et qui recherchent des revenus complémentaires ont la possibilité d’organiser des ventes de produits artisanaux à domicile, des locations de chalets, des safaris promenades, des spectacles culturels, des démonstrations de travail comme le lancé du lasso. Cependant, certains éleveurs se sentent peu enclins à pratiquer ces activités touristiques qui pour eux sont le reflet de la disparition de la liberté qu’ils associent à leur activité traditionnelle d’éleveur…

Ne demandez pas à un Sami de vous dire combien il a de rennes dans son troupeau ! La question est tout simplement indécente. Apprécieriez vous que l’on vous demande combien vous avez sur votre compte en banque ?

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