Erasmus Life

Publié le par Sylvain

Il est toujours délicat de parler de la liberté. Sans doute parce que la liberté est un idéal, voire une illusion, et que chacun le sait et le sent. Cette année, si j’ai envie de me croire libre, c’est simplement que je sais et je sens que jamais je n’ai eu, et peut être plus jamais je n’aurai, autant de liberté. Pendant un an, la société nous offre, à travers son soutien financier et administratif, une année sabbatique, ou presque. C’est ce même sentiment que partagent tous les étudiants erasmus. Alors cela crée une sorte d’entente, une atmosphère. C’est l’atmosphère Erasmus, ou Erasmus life.

Une grande communauté

Être étudiant Erasmus, c’est vivre dans une atmosphère internationale libérée des contraintes inutiles. Tout le monde se connaît et se côtoie, puisqu’il y a au moins une chose qui nous relie tous, outre la jeunesse, c’est l’expatriation, ici. L’aventure se vit aussi au quotidien, par d’innombrables dîners partagés, ou thés ou cafés avalés, et bien sûr services rendus. L’aventure se poursuit au sauna, où le plus souvent nous nous rendons par petits groupes. A l’université, aussi, où certaines tables de la cafétéria sont chaque midi ou presque aussi multinationales ! Venant de multiples horizons, parlant de multiples langues (du grec au polonais, du hongrois au russe…), une seule langue officielle nous unit : l’anglais ! Il est parfois étrange de parler entre Italiens et Espagnols, ou entre Thèques et Polonais dans la langue de Shakespeare… Mais force est de constater que c’est un dénominateur commun, bienvenu ! Une sorte de ciment supplémentaire de la communauté Erasmus.

Que viva la noche !

Chacun de nous aborde et vit cette aventure avec l’énergie de l’envie qu’elle soit inoubliable. Avec joie ! Nos rassemblements nocturnes réguliers quelque part dans Kuntotie, chez les uns, chez les autres, sont devenus tradition et souvenirs, tant il y en a eu et tant il y en aura. Au désespoir sûrement des paisibles riverains finlandais, et des courtois policiers appelés à négocier le retour au silence. Et retour au silence il y a quand le bruit et la troupe ont migré vers un autre appartement, où tout peut recommencer, et ainsi de suite… Et puis, l’heure venue, tous ceux qui ont encore de l’énergie à dépenser migrent vers le centre ville. Le monde de la nuit lapone nous voit débarquer. L’atmosphère nordique peut alors s’égayer de la latinité des uns, Italiens, Français, et surtout Espagnols, ou résonner des accents anglais ou irlandais, canadien ou australien, et s’enrichir de toutes les autres spécificités internationales trop longues à décrire et décrypter ! Que viva la noche ! A l’auberge finlandaise, cette fois.

Une année en mouvement

Les uns font la fête, les autres voyagent. Une vie d’étudiant Erasmus doit être remplie ! Et puis de temps à autre il y a les visiteurs. D’autres jeunes venant de toute l’Europe. Parfois, il s’agit des invités de certains d’entre nous. Quelque fois, il s’agit d’anciens étudiants Erasmus revenant sur les lieux de nombreux souvenirs. Et puis quelque fois il y a les voyageurs de passage, comme ceux que Boris, compatriote français membre de l’Hospitality Club, héberge régulièrement par le biais de cette association qui lui a lui-même permis de voyager beaucoup en Europe. Ces visiteurs sont les bienvenus, et aussitôt mis dans le bain, tantôt intrigués par ce mode de vie, tantôt enthousiasmés, parfois déjà initiés, parfois encore intimidés…

Voilà la vie Erasmus. C’est tout cela, au moins, et tout le reste, qui manque tant aux anciens Erasmus redevenus de simples étudiants dans leur pays. Les souvenirs d’une vie joyeuse, facile, insouciante. La jeunesse. La nostalgie viendra plus tard. Pour le moment, l’aventure continue !

Publié dans Ma vie en Laponie

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