Vue sur les élections

Publié le par Sylvain

En France, une certaine échéance électorale se rapproche, passionnant et exaspérant les Français à l’extrême… En Finlande, aussi, ce printemps 2007 sera l’occasion pour tous les citoyens âgés de 18 ans au moins de se rendre aux urnes. Ce dimanche 18 mars, les 4,2 millions d’électeurs finlandais sont en effet appelés à élire ou réélire les 200 députés du Parlement…

Le système politique finlandais

La Finlande est une république dotée d’un régime parlementaire, qui repose sur une Constitution adoptée le 17 juillet 1919. Le suffrage universel (femmes y compris) a été instauré dès 1906. Le pouvoir exécutif est détenu par le Président de la République, élu pour six ans au suffrage universel direct. Le pouvoir exécutif est exercé, dans chacun des douze comtés, par un préfet (ou un gouverneur) nommé par le président. Le Parlement finlandais, l’Eduskunta, possède une seule chambre, composée de 200 membres élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel, à la proportionnelle. Pour participer aux élections législatives, un parti doit recueillir au minimum 5 000 signatures de citoyens afin d’être enregistré auprès du ministère de l’Intérieur. Il désigne ensuite ses candidats. Les associations d’électeurs souhaitant concourir doivent compter un minimum de 100 membres. La représentation proportionnelle suscite la formation de coalitions. Elles sont généralement dominées par le Parti social-démocrate (SDP), parti modéré de centre gauche, formé en 1899, ou par le Parti du centre (KESK), parti de centre droit. Les autres grands partis sont le Rassemblement conservateur (KOK), l’Alliance des gauches (VAS), successeur du Parti communiste, les Verts (VIHR) et le Parti du Peuple suédois (SFP), qui représente la minorité de langue suédoise.

Echos de campagne
En tant que résident étranger et non finnophone, de surcroît absent deux des trois dernières semaines de campagne, je n’ai guère eu l’occasion de percevoir le déroulement de la campagne électorale qui se joue. Seuls quelques affichages sur de classiques panneaux alignés dans les rues (j’ai pu noter le nombre imposant de listes candidates), ainsi que quelques distributions de tracts dans le hall de l’université… La campagne électorale serait donc discrète. Environ 30% des électeurs ont voté par anticipation, autrement dit dans la semaine précédent le jour officiel. Selon une enquête d’opinion réalisée en janvier dernier, la santé, l’assistance aux personnes âgées, le prix de l’énergie et le vieillissement de la population sont les thèmes les plus importants pour les Finlandais. Pourtant, les questions de l’emploi, des retraites et de la fiscalité sont au cœur de la campagne électorale, l’environnement, le réchauffement climatique et l’énergie étant également très présents.

La culture de la démocratie en Finlande
Si les Finlandais semblent depuis longtemps avoir manifesté une grande conscience démocratique, l’abstention lors des élections reste très élevée, à un niveau même légèrement supérieur à celui mesuré en France, et en tout cas nettement supérieur à celui des autres pays du nord de l’Europe. Certaines dérives électorales s’avèrent fréquentes… Ainsi, certains s’agacent de la promptitude des électeurs finlandais à faire entrer en politique diverses célébrités en quête de reconversion… La populaire ministre de la culture actuelle n’est elle pas une ancienne Miss Suomeski (Miss Finlande) ?

Les premiers résultats des élections législatives de ce dimanche laissaient voir une percée des conservateurs, talonnant le parti centriste du Premier ministre finlandais sortant, Matti Vanhanen, qui devrait constituer d’ici les prochaines semaines une nouvelle coalition, de centre-droit…

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