La Finlande, championne mondiale de l'éducation

Publié le par Sylvain

L’idée que la Finlande est une référence européenne, et mondiale en matière d’éducation est très répandue, notamment en France… En effet, l’OCDE décerne depuis plusieurs années à la Finlande la palme de premier de la classe en matière d’éducation. Voyons ce qu’il en est…

Ecole obligatoire, gratuite, et décentralisée

En Finlande, l’enseignement est obligatoire et gratuit pour les enfants de 7 à 16 ans. Avant, il existe un jardin d’enfants (päiväkoti), non obligatoire.  La lecture s’apprend donc souvent à la maison. Les écoliers finlandais s’avèrent particulièrement doués pour cet apprentissage, d’après de nombreux tests de lecture internationaux. Ce succès peut s’expliquer par la nature même du finnois, qui serait facile à lire, mais aussi par les méthodes employées, et surtout par les coutumes sociales finlandaises… Ainsi, le grand usage des nouvelles technologies, tel Internet, ou encore le sous-titrage en finnois d’une grande partie des films ou dessins animés programmés à la télévision, seraient autant de facteurs positifs à l’apprentissage de la lecture. Il n’y a pas d’élèves exclus ni marginalisés par manque d’argent car le matériel est fourni et la cantine est gratuite. L’aide individualisée est systématique et gratuite. La Finlande, à l’instar de la France, a une longue tradition de fort investissement financier dans son système éducatif. Le système éducatif est totalement décentralisé. Ainsi, le financement, mais aussi l’application des programmes, sont concernés. Cela permet d’adapter la nature de l’enseignement aux conditions locales.

Un réseau d’enseignement très développé

Outre les écoles primaires et secondaires classiques, la Finlande dispose d’un système de formation professionnelle secondaire avec des écoles de commerce, d’artisanat, d’arts ménagers, d’agriculture et de technologie. Le pays offre aussi un système étendu de formation pour adultes, subventionné par l’État, qui comprend des établissements d’enseignement supérieur, des académies et des instituts professionnels. L’accès à l’enseignement supérieur n’est possible que par le biais de concours d’entrée. La Finlande compte treize universités. La plus importante des universités est celle d’Helsinki. Initialement installée à Turku en 1640, elle a été transférée à Helsinki en 1828. Parmi les autres grands établissements d’enseignement supérieur, on peut citer l’École d’administration des affaires et d’économie d’Helsinki (1911), l’université de Turku (1919), l’université de Tampere (1966) et l’université d’Oulu (1958).

 

Valeurs éducatives

L’autonomie des élèves et des étudiants est une valeur clé privilégiée tout au long d’un parcours scolaire, comme je peux le constater cette année à l’université finlandaise. Cette autonomie concerne même le choix des matières étudiées. Les matières académiques ne sont pas les seules favorisées par le système éducatif finlandais. Son originalité réside ainsi en ce que les activités dites « manuelles » ou les sports sont favorisés tout autant. Il y a des matières classiques, comme les mathématiques. Au collège, il y a aussi un cours d’histoire, et un traitant des généralités sur la société finlandaise. On commence assez tôt à étudier les sciences, comme la chimie et la physique. Les élèves finlandais ont environ 3 heures d’anglais par semaine. Mais ils commencent l’étude de cette langue très tôt, parfois dès 7 ans. Assez tôt dans leur scolarité, beaucoup d’élèves choisissent d’étudier le suédois, la deuxième langue officielle du pays. A partir de 14 ans, ils peuvent choisir comme enseignements optionnels l’apprentissage de langues étrangères supplémentaires. Le français est sans doute la plus populaire. Les élèves finlandais aiment cette langue, car il la trouve agréable à écouter, et aussi parce qu’ils considèrent que c’est une langue internationale. D’autres choisissent l’allemand, ou le russe. Le sport représente deux heures obligatoires par semaine. Les élèves peuvent choisir leur sport, et en changer très souvent. Ceux qui le souhaitent peuvent faire plus de sport, en choisissant des activités sportives comme options. Au début de leur scolarité, les élèves finlandais font de la musique et des arts. Ensuite, vers 12 ans, cela devient optionnel. Beaucoup continuent. Il y a aussi des cours de cuisine, qui représentent près de trois heures par semaine, et différents travaux manuels… La religion est une matière comme une autre. Ce n’est pas un cours obligatoire. Cependant, une grande majorité des élèves le suivent. La plupart s’intéressent à la religion protestante, une minorité au christianisme orthodoxe…

Un succès à relativiser…
A travers les différentes études menées, la Finlande semble nettement surclasser la France en matière d’éducation. Néanmoins, la comparaison a ses limites… Ainsi, la France compte autant d’élèves du premier degré qu’il y a d’habitants en Finlande, et encore autant dans le second degré ! Et puis la population finlandaise est très homogène financièrement et sociologiquement. Entre 7 et 14 ans, les petits Finlandais passent 5 523 heures sur les bancs de l’école, contre 7 544 pour leurs homologues français. Les Finlandais travaillent donc moins, mais paradoxalement mieux, que les Français (selon les fréquentes études de l’OCDE), sans doute grâce à la qualité des méthodes d’enseignement. Toutefois, si les élèves acquièrent des savoirs en évitant les cours magistraux à l’ancienne, ils ne bénéficient pas toujours d’une ouverture culturelle riche, diversifiée, et surtout critique, selon l’avis de nombreux observateurs. Les élèves Finlandais paraîtraient assez démunis pour exprimer leur point de vue sur des œuvres ou des textes d’idées et souvent peu à l’aise avec l’histoire ou la géographie planétaire…

Le succès du système éducatif finlandais est loin d’être usurpé, mais il repose aussi sur les caractéristiques de la société finlandaise elle-même. Ce constat explique que le modèle finlandais ne soit pas aisément intégralement transposable à d’autres pays…

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