Huskies, chiens de l'arctique

Publié le par Sylvain

Nous avons de nombreux points communs. Ils ne sont pas originaires d’ici (même si eux y sont nés) mais d’Alaska ou de Sibérie, mais la Laponie leur convient à merveille. Je les rencontre quand je travaille, et quand eux aussi sont au travail… D’une certaine façon, nous sommes donc collègues ou du moins collaborateurs ! A tour de rôle, nous transportons les clients de Lapland VIP Tour. Moi en minibus, eux en traîneau...

Bienvenue au « Husky Park »

Oui, je parle bien des huskies de la ferme de Malla et Höki, à une vingtaine de kilomètres du centre ville de Rovaniemi. Ils sont près de 200 au total. Une dizaine de soigneurs permanents prennent soin de tout ce petit monde tout au long de l’année. Les chiens dévorent chacun plus d’un kilo de viande par jour en période hivernale, et une bonne quantité de croquettes le reste du temps. L’année est clairement divisée en deux temps. De novembre à avril-mai, pendant la période d’enneigement de la Laponie, les chiens exercent leur activité de prélédiction, le traîneau. Ensuite, lorsque la surface neigeuse disparaît et que les températures deviennent caniculaires pour ces chiens de l’arctique, c’est le temps des « vacances ». Les chiens restent oisifs et se passionnent à creuser des tunnels, d’une cage à l’autre, de la cage à l’allée, etc. Un hobby quelque peu agaçant pour les soigneurs, qui se retrouvent pelle à la main une bonne partie du temps !

 

Une affaire de destin

Les huskies sont tous destinés au traîneau. D’ailleurs, le terme « husky » signifie ni plus ni moins « chien de traîneau », et ne correspond pas exclusivement à une seule race de chiens. Tous les huskies ont certes des ressemblances évidentes, comme le bleu clair étonnant des yeux de certains d’entre eux, une proportion importante, tandis que d’autres ont les yeux foncés, et d’autre un œil bleu et l’autre foncé (proportion non négligeable) ! Il y a aussi cette épaisse fourrure si particulière qui les protège du plus grand froid. Les huskies naissent, vivent et meurent à l’extérieur. La température idéale pour eux se situent aux alentours de -15 ou -20°C, comme en témoigne l’excellence de leurs performances sportives à ces températures. Les chiens sont sociabilisés – avec les autres chiens, puisqu’ils vivent toujours en groupe, mais aussi avec les humains – dès le plus jeune âge, et entraînés au traîneau à partir de l’âge d’un an environ. Ils continuent cette activité jusqu’à l’âge de 8-10 ans environ. Mais certains chiens ont grande envie de courir le plus longtemps possible, et la doyenne des actifs de la ferme a 13 ans ! Et après ? Il parait que les chiens finiraient paisiblement leur vie au sein de la grande famille huskies-mushers. En tout cas, hors de question qu’ils quittent la ferme. Les chiens d’ici ne sont pas destinés à devenir des animaux de compagnie, condition qui serait contraire à leur nature et incompatible avec leur mode de vie.

 

Les joies du traîneau

Les huskies adorent courir, ce qui leur procure une occasion de se défouler un maximum, tandis que leurs journées sont plutôt monotones, dans leurs cages de quelques mètres carrés. La joie de la mission est manifestée par d’intenses aboiements avant le départ et, dès le coup d’envoi (en fait quand le frein du traîneau est débloqué !) toute la trouve se concentre soudainement sur son exercice. A l’arrivée (en fait quand le traîneau est stoppé à l’aide du frein !), les chiens se couchent, se roulent, lèchent la neige au sol… Ou font une nouvelle fois la fête à leurs passagers, à grand renfort de léchouilles et de sauts. Les traîneaux vont aussi bien sur la rivière gelée qu’à travers la forêt. Les attelages sont composés de 5 à 12 ou 13 chiens. En fait, tout dépend du nombre de touristes à bord (de 2 à 5), et aussi de l’état de fatigue des chiens, de la longueur de la balade (généralement une douzaine de kilomètres, parcourus à peine plus d’une demi-heure), de la température... A l’avant de l’attelage, les leaders, chiens (ou plus souvent chiennes, parait il) intelligents et vifs. Au milieu, les « muscles supplémentaires », des chiens énergiques mais sans qualité spirituelle particulière. Enfin, à l’arrière, les plus costauds. Dès le plus jeune âge, il est facile pour les mushers de reconnaître quelle fonction pourra occuper le jeune chien plus tard

 

Sportifs de grande distance

Outre le tourisme, les chiens de la ferme participent aussi à des compétitions sportives. Les meilleurs d’entre eux constituent ainsi l’équipe locale, conduite par Höki, le patron des lieux. La plus célèbre des courses auxquelles l’équipe participe se déroule chaque année au mois de mars dans le nord de la Norvège (Finnmark). Deux variantes existent, avec un parcours de 500 kilomètres, et un autre de 1000. Höki et ses huskies ont déjà réalisé de bonnes performances dans la première, notamment l’an passé. Cette année, ils se sont attaqués à la plus longue. Hélas, sans succès, puisque les chiens leaders ont eu des soucis de pattes au cours de la course, et qu’il a fallu abandonner. Les règles sont très strictes. Un seul musher (conducteur) pour toute la course, et la même équipe de chiens, même si certains peuvent être sortis du groupe en cours de course – sans être remplacés - si nécessaire. Des points intermédiaires officiels existent en effet, où seuls le musher et les vétérinaires présents peuvent toucher les chiens. Bref, beaucoup d’autonomie, d’énergie et de résistance sont requis pours chiens et humain… Authentique aventure nordique !

 

Je ne sais pas combien de fois encore je rendrai visite à mes chers huskies, tout dépendra du nombre de safaris que je guiderai encore pour Lapland VIP Tour. Or, j’envisage de mettre un terme à mon activité de guide prochainement, afin de me consacrer à mes autres activités, études et voyages inclus… Les longues parties de jeu avec les très vifs huskies au cœur de leur environnement (pendant que leurs camarades emmènent en traîneau mes touristes) pourraient bien me manquer !

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