La motoneige, dilemme arctique

Publié le par Sylvain

Depuis quelques années, ce nouveau symbole de la Laponie étonne aussi bien par ses capacités techniques et les sensations que sa conduite procure que par son aptitude à attirer de nombreux touristes dans la région. Néanmoins, cet essor reste controversé, et certains voudraient le remettre en cause…

Moyen de locomotion

La motoneige (aussi appelée scooter des neiges) est traditionnellement surtout utilisée en Amérique du Nord, mais connaît un essor considérable en Europe. Mise au point à partir des années 1930-1940 par l’industriel québecquois Bombardier (par ailleurs aussi producteur notamment du Canadair, avion bombardier d’eau), la motoneige a pour ancêtres les lourdes et lentes chenilles (aujourd’hui encore très présentes, sous forme de dameuses ou de chasse-neiges). Tracté à l’aide d’une ou deux chenilles, et équipé de skis pour la direction, l’engin, qui ne nécessite ni route ni piste, peut atteindre - et même dépasser – les 200 km/h. Certes, la circulation de la motoneige crée parfois des accidents. Mais le moyen de locomotion reste sûr si l’on écarte le cas des grossières erreurs de pilotage.

Attraction touristique

Moyen de locomotion très adéquat dans les zones de montagne enneigée ou dans les régions arctiques reculées, l’usage de la motoneige ne se réduit pas à cet aspect pratique… La motoneige constitue un sport de vitesse, devenant peu à peu un des sports d’hiver les plus en vue. Mais la conduite de l’engin s’avère aussi être une agréable expérience de plein air, sous forme de balade « nature ». Ainsi, la Laponie, où les conditions naturelles semblent parfaitement adéquates, s’est largement investie dans le développement de cette activité. On trouve énormément de loueurs et de circuits en motoneige (une forme de safari très recherchée). Les nombreux réseaux de pistes traversent aussi bien les montagnes que les forêts et les plans d’eau recouverts de neige.

Un engin controversé

Mais, de l’avis de certains, la motoneige « pue, fait du bruit et pollue » avant tout. Aux Etats-Unis, au Canada ou en Finlande, beaucoup déplorent l’impact sur l’environnement de ce type de véhicule… Ainsi, outre les particules qu’il dégage, ce puissant engin dérangerait profondément la vie sauvage – en pleine nature - par son bruit et son odeur partout sur son passage. Les militants anti-motoneiges considèrent que l’usage de ce véhicule ne devrait être toléré que pour les fonctions de transport de matériel et de sauvetage, mais en aucun cas à des fins touristiques, l’usage massif de la motoneige perturbant alors à même intensité la faune et la flore. En Suisse ou en France, la circulation des motoneiges est fermement réglementée, et des collectifs anti-motoneiges traquent les utilisateurs qui contournent la règle, même à des fins touristiques. On ne peut quitter les routes qu’avec une autorisation spéciale, qui n’est délivrée ni pour le sport ni pour les loisirs. En Finlande, et en particulier en Laponie, compte tenu du potentiel touristique représenté par la motoneige, les « pistes » de motoneige se multiplient à travers les forêts. A Rovaniemi, on favorise l’utilisation de la rivière, mais il n’est pas rare de croiser des motoneiges un peu partout…

A l’occasion de cet article, une petite pensée pour Juan Fra, camarade Erasmus espagnol qui fut guide-motoneige toute la saison à Rovaniemi (pour la compagnie Lapland Safaris, la plus ancienne compagnie de safaris de Rovaniemi, et concurrente de la mienne, Lapland VIP Tour), et une pensée pour Boris, autre camarade Erasmus, français, qui organisa cet hiver une manifestation anti-motoneige à Rovaniemi (et fit à cette occasion la une du journal local, où on le voyait en train de construire des bonhommes de neige devant le gigantesque parking à motoneiges…) !

 

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