Les grandes phases de l'histoire de la Finlande

Publié le par Sylvain

La Finlande est un petit pays, avec ses quelques 5 millions d’habitants seulement. Cela ne l’empêche bien entendu pas d’avoir toute une histoire nationale, marquée par la domination exercée par les grands voisins et par l’émancipation récente de la Finlande dans le cadre de la construction européenne. Petit exposé historique…

De la préhistoire à la conquête des Vikings

Les traces d’habitation humaine les plus anciennes retrouvées en Finlande remontent à près de 7 000 ans av. JC. Des peuples (sans doute des Lapons) pratiquant la chasse, la cueillette et la poterie, se sont installés dans la région. Puis, au cours du IIe millénaire avant notre ère, et de nouveau à partir du 1er siècle après JC, les Finnois, parlant une des langues finno-ougriennes, arrivent d’Europe centrale, de Scandinavie et de Russie et s’établissent en Finlande. À partir du XIe siècle, les Finnois tirent profit de leurs contacts avec les Vikings et de l’installation, sur le sol finlandais, de plusieurs comptoirs fondés par des marchands venus de Suède et de Gotland. Commence alors une ère de prospérité économique.

Les siècles entre domination suédoise et russe

À partir du XIIe siècle, la Finlande devient un sujet de rivalité, tant religieuse qu’économique, entre la Suède et la Russie.

En 1155, le roi de Suède pénètre en Finlande avec une importante armée et y introduit progressivement le christianisme. Les Suédois assujettissent alors les Finnois, établissent leur contrôle sur les échanges commerciaux du pays et imposent la religion catholique romaine. En 1353, la Finlande est attribuée, sous forme de duché, au royaume suédois. Au cours des XVe et XVIe siècles, la plus grande partie du territoire est administrée comme un ensemble de fiefs aux mains de nobles suédois qui lèvent de lourds impôts. De nombreux Suédois se fixent dans la région à cette époque. Au cours du XVIIème siècle, l’administration de la Finlande est peu à peu centralisée à Stockholm. Mais, dans la première partie du 18ème siècle déjà, la Suède est contrainte d’abandonner aux Russes successivement plusieurs régions de Finlande…

Conformément au traité de Tilsit, conclu en 1807 avec Napoléon Ier, le tsar Alexandre Ier Pavlovitch attaque et occupe la Finlande. En mars 1809, il en fait un grand-duché de l’Empire russe. La Suède cède officiellement toute la Finlande et les îles d’Åland à la Russie. Au même moment, les terres caréliennes, octroyées à la Russie avant 1809, sont restituées à la Finlande. De 1809 à 1863, la Finlande est alors dirigée par un gouverneur général russe et administrée par un sénat, siégeant à Helsinki. Pour le pays, ces années correspondent à une période d’essor économique. La langue finnoise réussit à acquérir le même statut que la langue suédoise et le Parlement se réunit de manière régulière. Une monnaie est créée et une armée nationale instituée. Cependant, dès la fin du siècle la politique russe évolue. L’usage de la langue russe est imposé dans certains secteurs de l’administration en 1894, puis la loi de l’égalité des droits de 1912 octroie aux Russes de Finlande les mêmes droits que ceux de la population locale.

La Finlande n’est pas directement engagée dans la Première Guerre mondiale, bien que des troupes russes soient positionnées en Finlande. En pleine révolution russe, en 1917, le Parlement finnois déclare assumer tous les pouvoirs, détenus jusque-là par le tsar : le 6 décembre 1917, il proclame l’indépendance de la Finlande.

Les difficultés de l’après-indépendance

La période de l’entre-deux-guerres se caractérise par une profonde instabilité. Dès janvier 1918, une guerre oppose les gardes rouges, soutenus par les bolcheviks, et les gardes blancs, aidés par l’Allemagne et menés par le général Mannerheim (représenté par une grandiose statue équestre en plein centre d’Helsinki). Celui-ci prend Helsinki et, en mai, la révolution est étouffée. Il s’ensuit une vague de procès et d’exécutions, faisant jusqu’à 20 000 victimes parmi les révolutionnaires. Le conflit coûte au pays plus de 30 000 vies. En 1920, l’indépendance de la Finlande est reconnue par les Soviétiques. En 1932, la Finlande choisit l’alliance avec l’Union soviétique en concluant avec elle un pacte de non-agression.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, la Finlande est attaquée par l'URSS et doit signer la paix en 1940, au prix de pertes territoriales importantes. L'attaque de l'URSS par l'Allemagne en 1941 fait de la Finlande une alliée de l'Allemagne. À son tour, elle déclare la guerre à l’URSS, tandis que la Grande-Bretagne et les États-Unis s’opposent à elle. Elle signe une paix séparée avec l'URSS en 1944. Le traité de paix de Paris, en 1947, oblige la Finlande à verser de lourdes réparations. Contrairement à ses voisins baltes, la Finlande sauve cependant son indépendance et adopte une politique de neutralité stricte pendant la Guerre froide, en plus d’un pacte d’amitié et de coopération signé avec l’URSS en 1948.

La clef de voûte de la politique étrangère finlandaise est le maintien d’une stricte neutralité et de bonnes relations avec l’URSS, sans que l’indépendance de la Finlande ne puisse être remise en cause. C’est la politique conduite par les dirigeants de l’après-guerre : Juho Kusti Paasikivi, qui la met en œuvre, et son successeur, Urho Kaleva Kekkonen, qui l’élargit. Premier ministre de 1950 à 1953 et président de la République de 1956 à 1981, Kekkonen incarne cette volonté d’entente avec les pays voisins, symbolisée par l’admission du pays à l’ONU en 1955, et par la signature de la convention d’Helsinki (accord de coopération avec les pays nordiques) en 1962. À partir de l’effondrement de l’URSS, la Finlande commence à restructurer son économie et à développer ses relations avec les anciennes républiques soviétiques et, surtout, avec l’Europe occidentale.

La vie politique des 25 dernières années

En politique intérieure, la plupart des gouvernements finlandais de l’après-guerre ont été dominés par des coalitions dirigées par les sociaux-démocrates ou les centristes. En janvier 1982, Mauno Koivisto, un social-démocrate, est élu pour succéder à Kekkonen à la présidence de la République, puis réélu en 1988 pour un second mandat de six ans. Jusqu’au milieu des années 1980, la Finlande parvient à une amélioration d’environ 3% par an de son PIB. Cependant, au début des années 1990, en raison de l’effondrement de l’URSS, l’un de ses principaux partenaires commerciaux, la croissance économique se heurte aux problèmes aigus du chômage et du déficit des finances publiques.

En février 1994, Martti Ahtisaari succède à Mauno Koivisto. Il favorise la coopération avec les autres pays d’Europe du Nord. En mars 1992, la Finlande présente sa candidature officielle à l’entrée dans l’Union Européenne. Cette candidature est approuvée par référendum, avec 57% de suffrages favorables. La Finlande adhère officiellement à l’Union européenne en janvier 1995. Durant cette période, la Finlande se remet lentement de la récession du début des années 1990. Grâce à ses bons résultats, elle fait partie des pays sélectionnés pour adopter l’euro dès 1999.

Le 6 février 2000, Tarja Halonen, ministre des Affaires étrangères depuis 1995 et candidate des sociaux-démocrates, remporte l’élection présidentielle. Tarja Halonen est la première femme à accéder à la présidence de la République en Finlande. Elle est largement réélue en 2006, manquant de peu sa réélection dès le premier tour. La présidente et son premier ministre depuis 2003, Matti Vanhanen, peuvent afficher de bons résultats économiques. La croissance a cru pour atteindre près de 6% en 2006, le pouvoir d’achat a augmenté de 4% par an en moyenne et la situation de l’emploi s’est améliorée (seule la région de Laponie reste encore fortement touchée par le phénomène, avec un taux de chômage de 10,9% en 2006), la fiscalité a diminué et la dette a été réduite. Bref, la Finlande affiche une très bonne santé économique et figure désormais en tête de nombreux classements européens.

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