St Petersburg, la fenêtre de la Russie sur l'Europe

Publié le par Sylvain

Après une nuit de traversée de la Finlande à bord du train de nuit, me voici débarqué à Helsinki de bon matin. A la gare, je retrouve Robin, étudiant anglais à Rovaniemi et de retour d’un colloque en Autriche, qui sera mon compagnon de voyage…

Objectif Russie, en bus depuis Helsinki

En fin de matinée nous nous dirigeons vers la gare routière où nous devons prendre un bus à destination de St Petersburg. Mais voilà qu’aux abords de celle-ci, une dizaine de bus et minibus immatriculés en Russie sont alignés le long du trottoir, et des personnes parlant en russe s’avancent vers nous pour nous proposer le voyage vers St Petersburg pour une somme près de trois fois inférieure au tarif de la compagnie finlandaise qui assure la liaison. Après avoir attentivement sélectionné le bus semblant dans le meilleur état, nous embarquons donc, rejoignant les autres passagers, apparemment exclusivement Russes. Voilà donc une immersion dans l’univers russophone un peu plus précoce que prévue, dès Helsinki ! A mi chemin, soit un peu plus de deux heures après le départ, nous arrivons au premier point de contrôle à la frontière. Il faut descendre du bus, et se présenter au contrôle d’identité du poste finlandais, puis nous sommes rapidement invités à remonter dans le bus, qui reprend sa route. Quelques minutes plus tard, nouvel arrêt, au poste russe. Tous les passagers descendent à nouveau, et pour nous – uniques non-russes à bord – il s’agit de remplir un permis de migration, à compléter en russe, délicat ! Les gardes frontières sont étonnants, avec leur uniforme qui évoque aux regards des occidentaux celui des soviétiques ! Nous sommes bientôt invités à regagner le bus. Finalement, les procédures aux frontières n’auront pris qu’environ une heure, alors que nos camarades ayant déjà expérimenté ce passage nous avait parlé d’une attente de trois heures en moyenne… Dans le bus, peu d’animation, les Russes sont par nature plutôt silencieux. Néanmoins, après avoir quitté Helsinki, un film russe nous a été projeté sur les écrans grésillant de l’autocar. Et après la frontière russe, j’ai la surprise de constater que c’est un film français qui est choisi pour la deuxième projection. Amusant d’écouter les acteurs G. Depardieu et P. Richard doublés en russe ! L’arrivée à St Petersburg se fait par la longue traversée de la banlieue nord, où sont alignés les hauts immeubles d’habitation populaire… Enfin, le bus nous dépose en plein centre ville, tout près de l’avenue principale de la ville, Nevsky Prospekt.

 

Venise du nord et ville des tzars

C’est le Tsar Pierre le Grand qui fonda Saint Petersburg en 1703, dans l’idée d’ouvrir en Russie une fenêtre sur l’Europe. Toutefois, c’est à l’apôtre Pierre que a ville doit son nom. Couramment appelée « Piter » par ses habitants, Saint Petersburg (nom d’origine et restauré depuis 1991 et la fin de l’URSS) a aussi porté les noms « Petrograd » (à partir de 1914) et « Leningrad » (à partir de 1924, en hommage à Lénine, mort cette année là et leader de la révolution d’octobre 1917 dont la ville fut le théâtre). Jusqu’en 1917, Saint Petersburg fut la capitale de l’Empire Russe. Aujourd’hui, St Petersburg est une ville énorme, avec plus de 5 millions d’habitants, la quatrième plus grosse d’Europe après Moscou, Londres et Paris. Deux fois plus vastes que New York, cette ville bâtie sur plusieurs îles est aussi la plus septentrionale des villes de plus d’un million d’habitants dans le monde. La ville compte près de 300 ponts, sur ses différents canaux et rivières. C’est ce qui lui vaut le surnom de « Venise du nord ». Outre la rivière Neva qui traverse la ville, non loin de son embouchure sur la Mer Baltique, plusieurs canaux coulent dans le centre ville. Le long de ceux-ci est fort agréable à la promenade, d’autant que de part d’autre du canal s’alignent dans ces quartiers paisibles les constructions colorées abritant tantôt des habitations, tantôt des bâtiments officiels, tels l’ambassade de France, devant laquelle faisait la queue de nombreux Russes – probablement en quête de visa – au moment où nous passions à proximité. Le véritable centre de l’agitation saint-pétersbourgeoise se résume essentiellement à la grande avenue principale du centre ville, Nevsky Prospekt, longue de 4,5 kilomètres, qui a été conçue par l’architecte français Alexandre Jean Baptiste Le Blond, au tout début du 18ème siècle, alors que l’endroit était encore une forêt habitée par les loups. Celui-ci travaillait aux ordres du fondateur historique de la ville, Pierre le Grand. L’architecture de l’avenue est supposée rivaliser avec celle des Champs Elysées de Paris, ou d’autres avenues de Rome, Amsterdam ou Venise. Peu après la construction de cette avenue centrale, celle-ci s’avéra navigable à plusieurs reprises, à cause d’inondations. L’atmosphère de l’avenue est de nos jours très occidentale, avec énormément de magasins, café et autres restaurants. Non loin de là, en bordure d’un canal perpendiculaire à Nevsky Prospekt, un des monuments les plus remarquables en tout cas par le style très particulier qu’il dégage est l’Eglise Saint Sauveur sur le Sang versé. Cet édifice – dont la construction demanda 25 années – a été bâti sur le lieu de l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Il reflète l’architecture russe par excellence, avec sa multitude de petit dômes de couleurs vives, et un design tout en détails. Mais il faudrait être architecte ou artiste pour décrire par écrit cet étonnant monument ! Voir plutôt mes photos de celui-ci…

 

Capitale culturelle

Saint Petersburg, ville historique, est aussi une importante capitale culturelle. En témoigne le plus important de ses nombreux musées, l’Ermitage, que nous visitons en ce dernier après midi passé dans la ville. Situé le long de la rivière Nova dans le Palais d’hiver (ancienne résidence des tsars), le musée – un des plus importants du monde – comporte une collection de près de 3 millions de pièces d’art. De l’autre côté du majestueux et long bâtiment se déploie une esplanade (la Place du Palais), transformée en hiver en vaste patinoire à la disposition des saint-pétersbourgeois. Et puis St Petersburg est aussi une ville de théâtre et d’opéra. Les bâtiments à cet effet sont nombreux, et les spectacles proposés sont très fréquentés et appréciés aussi bien par les touristes que par les saint-pétersbourgeois eux-mêmes. Hélas nous n’avons pas eu le temps d’assister à l’un de ces spectacles.

 

Ces cher(e)s Russes…

La légendaire beauté des femmes russes est une éclatante réalité, si bien que le simple fait de marcher dans la rue peut s’avérer périlleux si les multiples horizons de distraction des yeux en arrivent à faire oublier la nécessaire prudence vis-à-vis de la circulation automobile plutôt débridée ! La Russie semble abriter la fine fleur des créatures nordiques qui rivalisent de charme et d’esthétique corporelle. Comme si l’obésité de la jeunesse était décidément un des méfaits du monde capitaliste… En Russie même les toutes jeunes fillettes semblent hautement préoccupées par leur coquetterie ! En revanche, les Russes âgés, eux, sont souvent gros et parfois sales… On les dit généralement malpolis ; là, ne sachant analyser la nature profonde de leurs propos, je me contenterai de reconnaître une tendance du comportement gestuel des Russes à virer au rustre… Mais un si court séjour parmi eux est probablement insuffisant pour tirer des conclusions authentiques ! Côté communication, un constat plus aisé s’impose : peu de Russes maîtrisent une langue étrangère… Les anglophones sont rares, et les francophones encore plus, même si l’on en trouve quelques-uns, comme ces deux jeunes étudiantes rencontrées dans un bus et capables de communiquer avec moi en français ! D’une façon générale, les Russes se montrent parfois agacés par l’écoute de la langue anglaise, tandis que le Français et la France semblent susciter chez beaucoup d’entre eux davantage de sympathie…

 

A la découverte des transports locaux…

A Saint Petersburg, le ticket de métro est à un tarif plus que compétitif si on le compare à celui des métros de grandes villes ou capitales d’Europe… Le réseau de métro est vaste (son extension est même en construction), ce qui en fait un moyen de transport privilégié, même si circulent aussi beaucoup de bus – encore moins chers - encombrés. Les stations de métro sont presque toutes identiques, faites d’un large couloir à colonnes avec de part et d’autre les deux quais pour les deux directions opposées. Le métro circule à une profondeur impressionnante, que l’on ne manque pas de remarquer en descendant ces longs escalators interminables pour y accéder. L’écart entre les trains est très court, mais les rames généralement bondées. Le métro cesse de fonctionner à partir d’une certaine heure, et ce sont alors les taxis non officiels qui prennent le relai… Ainsi, levez la main en bordure de rue et très vite une voiture s’arrêtera. Il s’agit alors de négocier – pour ne pas dire marchander – le prix de la course avec le chauffeur-amateur, quitte à claquer la porte une ou deux fois avant de le voir revenir dans de meilleures dispositions tarifaires… Et vous aurez alors le droit – pour une somme modique comparée à celle requise pour utiliser les taxis officiels – à votre balade sur la banquette d’une vieille Lada lancée sur les avenues de St Petersburg !

 

Tourisme gastronomique

A St Petersburg – tandis qu’à Moscou la tendance est moins accentuée – la vie est peu chère. C’est un contraste bien agréable pour le résident finlandais que je suis ! Si bien sûr les plus grandes différences se constatent sur les produits habituellement très taxés en Europe – alcools et cigarettes – presque tous les domaines, et notamment l’alimentaire, sont concernés. Pour une somme très raisonnable il est ainsi possible de manger au restaurant et donc goûter la cuisine russe… L’alimentation russe semble constituée assez largement de soupes en tout genre. Les pâtisseries – sucrées ou salées – sont également très fréquentes et souvent bonnes. J’ai pu goûter un large échantillon de la cuisine russe notamment lors d’un déjeuner-buffet copieux sous un chapiteau-restaurant dressé dans une cour adjacente à Nevsky Prospekt. Par ailleurs, les Russes – j’avais pu déjà le constater lors de mes soirées crêpes avec les clients russes de Lapland VIP Tour – raffolent de crêpes. Les « blinis » - versions russes de la crêpe bel et bien française d’origine ! – sont peut être plus épaisses et plus huileuses que leurs cousines hexagonales… Mais non moins populaires. Les blinis sont en vente dans la rue, dans des restaurants exclusivement dédiés à leur préparation, et sous la forme de fast-food où on peut choisir sa variante dans une immense liste. La pâte utilisée semble la même que le contenu soit sucré ou salé.

 

 

Après deux jours passés à sillonner la Venise du Nord, et une dernière après midi de retrouvailles avec Yulia, saint-pétersbourgeoise qui fut étudiante internationale avec nous à Rovaniemi de septembre à décembre, nous embarquons à bord du train de nuit à destination de Moscou, où nous devons arriver quelques sept heures plus tard…

Publié dans Carnets de voyages

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