Les péripéties de la petite reine

Publié le par Sylvain

On a beau vivre sur le cercle polaire, il y a toujours des tâches qui ne diffèrent pas d’ailleurs. Ainsi, il me faut bien m’approvisionner en nourriture, cuisiner, nettoyer, … Cela n’est pas toujours d’une grande facilité quand on habite à 15 minutes du premier supermarché, et que le seul moyen de locomotion, et donc de transport de marchandises, est un vélo. C’est pourtant celui-ci qui m’a ainsi accompagné depuis tous ces mois, par tous les temps et quel que soit le niveau du thermomètre… Voilà d’ailleurs une véritable façon – contraint ou forcé ? - de se rapprocher du mode de vie finlandais, qui veut que chaque opportunité de contact avec la nature – telle un déplacement de courte distance – soit saisie.

Il y avait à l’origine presque autant de bicyclettes que d’étudiants internationaux. Or, beaucoup d’entre elles – les bicyclettes, entendons nous ! – ont périclité avant la fin de l’aventure… La mienne fait partie du cortège des vainqueurs de l’hiver glacial, des excès de conduite et de la vieillesse indéniable ! Espérons qu’elle tiendra la dernière ligne droite, la moins difficile – pour elle… Il faut bien dire pourtant que les déboires techniques se sont multipliés, allant de la vulgaire et non moins ennuyeuse crevaison au plus original et au moins typique gel de serrure par un froid matin de l’hiver lapon, en passant par la cassure à répétition du système des vitesses ou l’anomalie déclarée du fonctionnement ordinaire de la roue arrière… Bref, allers retours multiples chez le réparateur, moult explications mimées et généreux frais de maintenance peuvent prétendre à expliquer la survie improbable de ma vieille monture…

Pour me dédouaner peut être de toute maladresse ou alors pardonner à ma machine sa flagrante fragilité, j’avancerais les raisons qui rendent si périlleux le maintien du fameux cycle dans sa forme d’origine. En effet, le vélo sur glace, discipline non olympique mais bel et bien quotidienne pendant de longs mois en Laponie, nécessite certainement beaucoup de maîtrise et de chance aussi ! Les aléas techniques seraient indéniablement liés aux aléas physiques qui veulent que de temps en temps, sur une plaque de glace ou une route enneigée, le prudent conducteur de la bicyclette perde soudain tout contrôle de son véhicule pour se retrouver en un court instant lui même de tout son long à glisser sur le bitume ainsi recouvert. Pour certains, l’expérience de cette conduite à risque se trouvera ainsi interrompue pour quelques semaines de convalescence, tandis que d’autres plus chanceux auront heureusement surmonté l’incident et poursuivront le péril de rouler en vélo en hiver, avec apprentissage de sensations nouvelles inclus.

Publié dans Ma vie en Laponie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article