L'Europe, fil conducteur de l'aventure

Publié le par Sylvain

Ma grande aventure, pleine de découvertes, de joie et de surprises, constitue une année unique, et ce grâce au programme Erasmus. Cette année lapone est au moins autant une aventure européenne, donc.

 

Erasmus, un engagement européen

Le programme Erasmus, qui fêtera ses 20 ans dans quelques mois, fut d’abord le résultat de l’initiative de dirigeants européens engagés dans la construction d’une identité européenne et d’un espace de mobilité autant que d’émancipation pour la jeunesse des différents pays concernés. Cet engagement, il semblerait que chaque étudiant qui bénéficie de ce programme soit amené à le perpétuer. Dans le pays d’accueil, on se retrouve représentant et donc une sorte d’ambassadeur de son pays d’origine, mais aussi de sa culture, de sa langue. Et puis on représente également l’université qui nous « envoie ».

 

Rencontres européennes

Je mesure depuis des mois tout le plaisir et l'intérêt que les jeunes européens ont à se rencontrer et partager ensemble des moments de vie. Je crois mesurer aussi à quel point chacun de nous reste déterminé culturellement et moralement par son pays d'origine, et tout ce qu'il y a de formidable à faire vivre cette diversité en multipliant les échanges entre jeunes européens et au delà. En effet, on observe toutes les ressemblances que nous avons entre jeunes issus de pays différents, et les différences aussi, et donc au final tout ce que nous avons à nous dire. J’ai compris que les croyances et les clichés étaient malgré tout au dessus de tout cela, et que c’est néanmoins ce qui nous fera nous respecter et nous parler. Un Italien pourra être fier de savoir cuisiner si bien pâtes et pizzas, un Français de pouvoir goûter en connaisseur un bon vin rouge. Un Polonais ou un Tchèque est certes bien souvent un bon buveur, mais on les découvre aussi comme étudiants brillants et rigoureux, et êtres profondément habités d’une conscience nationale, autant que démocratique et humaniste. Les ressortissants des pays baltes, certes témoins directs du passé tumultueux de leurs nations et des interférences culturelles et démographiques avec la Russie, incarnent tout de même toute la spécificité (langue et sentiment identitaire) de chacun de ces petits pays… Bref, on découvre une Europe profondément hétéroclite mais vouée aujourd’hui à être un espace d’échanges culturels et de rencontres des traditions (au sens de modes de vie, non de folklores !), sans qu’une aspiration à oublier ou faire converger ces différences soit nécessaire !

 

L’Europe vaste et diverse

Que la France perdure à aspirer à une position hégémonique dans l’UE, que la Pologne entende bien s’emparer de la parole dont elle dispose dans le cadre de l’UE pour défendre notamment ses intérêts nationaux, que le Royaume Uni entrevoie l’Europe comme un espace économique plus que comme un partage de valeurs, que les Baltes s’inquiètent de la contrepartie des transformations que leur entrée dans l’UE entraîne (inflation déjà avérée, crainte d’un effacement subi dans l’UE)..., toutes ces conjonctures, politiques, se retrouvent souvent aisément dans le comportement et les préoccupations même des individus ressortissants. Ainsi, l’Europe est bien évidemment animée de préoccupations et d’intérêts différents et diverses, autant que sa surface est d’ailleurs vaste. La Laponie est la région la plus septentrionale de l’Union européenne (et d’ailleurs aussi la plus lointaine de la France), et ce depuis que la Finlande a rejoint l’Union, en 1995 seulement ! Mais ici, malgré la distance, le particularisme régional aigu, ou encore le climat si atypique, l’appartenance à l’UE est au moins autant ressentie qu’en France, pays central et fondateur…

 

L’effort européen

Le sentiment européen n’est pas naturel ni transcendant. On le ressent par l’effort, l’ouverture à lui. Partir vivre dans un autre pays européen pour une durée relativement longue, voilà le pas que j’ai fait pour ma part. Mais je ne suis pas le seul acteur de ma rencontre avec la conscience européenne. Je dois remarquer que mon pays d’accueil, ses habitants, et la structure d’accueil, c'est-à-dire l’université, ont œuvré beaucoup à cette dimension européenne qui, eux aussi, les anime. La Finlande, par sa modernité et les facilités administratives qu’elle offre (possibilité de travailler, de disposer de certains services, etc.), mais aussi par son attachement à participer activement à la construction de l’Europe, s’avère un pays très accueillant, propice à une immersion facile et en douceur pour l’expatrié qui débarque. Il faut ajouter à cela l’aisance à communiquer avec les Finlandais par la capacité de la plupart d’entre eux à très bien parler l’anglais. De plus, ces derniers affichent autant d’intérêt que de respect à l’égard des arrivants, et tolèrent largement leurs obstacles à se fondre dans la société finlandaise, c'est-à-dire en particulier la barrière de la langue. L’université de Laponie, quant à elle, poursuit l’effort linguistique en proposant des cours en anglais pour ses étudiants étrangers, par ailleurs minutieusement encadrés et choyés comme j’ai pu le décrire déjà longuement !

 

Bref, la Laponie si septentrionale et glaciale n’en est pas moins au cœur de l’Europe, et l’aventure Erasmus vécue là bas non plus ! Je me sens désormais véritablement (en toute connaissance de cause) pro-européen et favorable à la construction d’une Europe qui repose sur une identité, une solidarité, et qui soit un espace de mobilité pour tous les citoyens des différents pays concernés.

Publié dans Au fil de l'aventure

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mimi 01/07/2008 04:30

Bonsoir!!

Alors pas du tout accro à internet, je ne m'étais encore jamais baladé sur un blog.
Ce soir, suite à une insomnie, jai tapé sur google image: finlande... car je me disais bien que jaimerai bien aller en finlande...
et là boom ! je tombe sur ce blog! Magique
Tres tres bon blog à mon gout, super. Pour un promier blog que je visite... je suis ravie!