Présentation

  • : 29/08/2006
  • : Mon année dans le Grand Nord
  • sylvain-en-laponie
  • : Le blog de Sylvain en Finlande. Récits et anecdotes sur sa vie pendant neuf mois à Rovaniemi, la capitale de la Laponie finlandaise. Description de l'aventure Erasmus. Carnets de voyages dans la région. Albums photos et réflexions diverses...
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A méditer...


" Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres " Saint Bernard de Clairvaux


" Le monde entier est une patrie. Il n'y a pas de pays étrangers seulement le temps les lie ou les sépare " Stanislaw Balinski


" Autant de pays, autant de moeurs "  Zénobios


" Le but du voyage n'est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C'est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s'il s'agissait d'une terre étrangère "  Jean Gilbert Keith Chesterton


" Il y a des pays où l'état paie l'étudiant et lui dit merci "  Félix Leclerc


" Rester, c'est exister: mais voyager, c'est vivre." Gustave Nadaud


" On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées." Hippolyte Adolphe Taine


" L'homme qui veut s'instruire doit voyager pour rectifier ce qu'il a appris" Giacomo Giovanni Girolamo Casanova


" Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l'obscurité"  Proverbe chinois


" Année neigeuse, année fructueuse "  Dicton


" On ne voyage pas pour voyager, mais pour avoir voyagé " Alphonse Karr


" Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement du retour" Stendhal

CONCLUSIONS


La Finlande me manquera. La vie Erasmus aussi. Le goût de la liberté, lui, restera je crois. Je ne pourrai m’en défaire. Ce goût de la liberté, c’est parfois celui de ne rien faire, ou parfois c’est au contraire la volonté de faire beaucoup. Pour une existence qui allie dilettantisme et hyperactivité, subtilement mais sans juste mesure. C’est le fait de se fixer tout seul ses objectifs, et d’oser l’audace d’en négliger d’autres plus conventionnels.

Il y a une évidence. Quand un oiseau s’échappe de sa cage, même aux barreaux dorés, il n’y reviendra pas. Jamais il ne refranchira la petite porte, même s’il elle a été laissée ouverte. Bien vite il aura pris goût au grand air. Malgré tous les aléas de l’en dehors, les risques. Quel que soit le confort de son univers confiné d’origine, l’équilibre qu’il y trouvait, il ne pourra s’y retrouver après son évasion. Cette métaphore illustre sans doute la poésie que je crois retenir de cette aventure.

Le goût de la liberté est une aubaine par tout ce qu’il peut apporter en sagesse, en ouverture d’esprit, en rêves d’avenir. C’est aussi un fardeau en ce qu’on se trouve malgré tout un au milieu d’une masse d’individus qu’une certaine force voudrait conduire à organiser, attribuer un rôle et une place à chacun. Contenir son aspiration à la liberté et se résoudre à occuper cet espace qu’on veut bien nous confier, à condition qu’on n’outrepasse pas ses frontières, conventions et traditions ? Ou cultiver ses rêves, suivre ses intuitions, entretenir ce mouvement qui nous entraîne de surprise en découverte, d’inconnu en révélation ? La raison ou le cœur. La sécurité ou l’incertitude. Le choix d’une vie ! Pas de compromis ?

Bien peu sont ceux qui paraissent aspirer réellement à la liberté. Peut être n’est ce que parce qu’aussi peu y ont un jour goûté. La plupart des gens cherchent des repères, des points de fixation. Ils s’y accrochent pour s’y sentir protégés. D’autres, à l’inverse, les fuient, pour ne pas s’y sentir attachés. Mais le goût de la liberté se transforme souvent un jour en une aspiration déçue. Voila pourquoi beaucoup ont renoncé. Durant cette aventure, j’ai ressenti la douce impression que l’heure de cette terrible renonciation n’était pas encore venue pour moi...


Dresser le bilan de cette année dans le Grand nord, de cette grande aventure Erasmus, je ne voudrais pas que ce ne soit que nostalgie et vénération du passé et des souvenirs de temps désormais révolus. Bien sûr, j’y suis naturellement tenté. Ces lignes laissent je pense transparaître émotion et nostalgie, certes. Mais à travers elles au cours des longs mois et des longues semaines qui ont vu leur écriture progressive, j’ai d’abord essayé d’analyser aussi loin que possible les révélations de cette expérience.


LA BEAUTE ET L’INTENSITE DU VECU

Au cours de cette expérience, j’ai vécu le présent. J’ai bâti un passé positif à travers d’innombrables souvenirs magnifiques de simplicité, d’insouciance et d’insolite, et j’ai préparé le futur, à travers une expérience riche en épreuves, en apprentissage, en adaptations. Vivre, c’est écrire une histoire qui se nourrit de faits mais qui ne prend sens que par ce qu’y ajoute l’imagination. Cette année, les faits furent réels, constitués de contrastes, d’exagérations, de sensations extrêmes, de mouvement permanent. L’imagination, elle, fut certainement tout aussi fertile. C’est ce explique le sentiment d’avoir vécu une expérience forte et belle. La satisfaction d’avoir écrit une histoire à la fois en prise avec la réalité et empreinte de rêves de liberté et de découverte. Avoir, le temps d’une année, vécu pleinement l’exubérance, la prise de risque, l’insouciance, c’est sans doute avoir joué autant que faire se pouvait la carte de la jeunesse.

Certes, il y eut les faces d’ombre et les phases sombres. Il y eut des regrets, des doutes, de la tristesse et de la solitude. Mais je ne veux pas plonger ce blog dans la morosité de la nuance rationnelle. Aujourd’hui je me sens animé d’une intense joie de vivre à l’issue de cette année hors du commun, dont je voudrais imprégner ce blog jusqu’au bout, parce que c’est là l’essentiel finalement. C’est un parti pris de lui donner cette touche, et non la prétention de peindre un vécu idéal. L’amertume viendra bien avec le contrecoup du retour !

Cette aventure avait une teneur de catalyseur d’énergies. Un contexte sur-vitaminé dans lequel on trouve la force et l’envie de multiplier projets et initiatives. On entreprend beaucoup de choses, pour en réussir presque autant. Erasmus, c’est la soif de réussite, ne serait ce que pour une année, celle là. J’ai réalisé de nombreux projets, notamment touristiques. D’autres, plus fous encore, ont été relégués par souci de réalisme ou manque de temps ou d’argent. Il en est ainsi de ce projet que j’ai eu en tête et affiné pendant de long mois de traverser l’Europe en voiture à la fin de mon année lapone.


L’EVEIL ET L’EMANCIPATION DE LA CONSCIENCE

Ce désir intuitif de briser la routine qui avait motivé mon engagement à vivre cette aventure, il s’est traduit pendant celle-ci par mon entraînement dans une dynamique réelle, celle de la conscience européenne et de l’effort conjoint par ceux qui en sont animés de construire une identité et un espace vaste et nouveau, paradigmes de tous les progrès envisageables à l’échelle collective et même universelle. Par ailleurs,
me voici désormais défenseur sincère de l’écologie. Ralliement par attitude, pas par mode. J’ai tout simplement constaté ici la détresse climatique causée par le réchauffement planétaire. Je me sens désemparé pour agir mais suffisamment responsable pour y penser.

L’émancipation apportée par Erasmus, c’est aussi incontestablement un éloignement du simple et du banal vers le beau et le compliqué. Désormais, toutes les dimensions révélées de ma personnalité viendront parfois se heurter les unes aux autres pour définir des choix de vie… Des choix autrefois ignorés, repoussés, et aujourd’hui si évidents. Certes, l’expérience Erasmus réveille chez moi des espoirs de liberté. Toutefois, dans un élan de lucidité, je dois bien admettre que la liberté Erasmus n’est possible que parce que le programme permet, pour une durée limitée, une aide financière conséquente. Quoiqu’il en soit, il est certain qu’aujourd’hui la distance ne me fait plus peur. Cette aventure, ce fut la révélation que ma vie se poursuivra ici ou ailleurs, plus ou moins loin. Partir ne sera plus jamais un sacrifice, ce sera une logique. L’univers du connu et du pareil ne m’attire plus. On se force à imiter, s’identifier, se reconnaître… Je sais maintenant que je préfère surprendre, être surpris, innover, découvrir !

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