Présentation

  • : 29/08/2006
  • : Mon année dans le Grand Nord
  • sylvain-en-laponie
  • : Le blog de Sylvain en Finlande. Récits et anecdotes sur sa vie pendant neuf mois à Rovaniemi, la capitale de la Laponie finlandaise. Description de l'aventure Erasmus. Carnets de voyages dans la région. Albums photos et réflexions diverses...
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A méditer...


" Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres " Saint Bernard de Clairvaux


" Le monde entier est une patrie. Il n'y a pas de pays étrangers seulement le temps les lie ou les sépare " Stanislaw Balinski


" Autant de pays, autant de moeurs "  Zénobios


" Le but du voyage n'est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C'est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s'il s'agissait d'une terre étrangère "  Jean Gilbert Keith Chesterton


" Il y a des pays où l'état paie l'étudiant et lui dit merci "  Félix Leclerc


" Rester, c'est exister: mais voyager, c'est vivre." Gustave Nadaud


" On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées." Hippolyte Adolphe Taine


" L'homme qui veut s'instruire doit voyager pour rectifier ce qu'il a appris" Giacomo Giovanni Girolamo Casanova


" Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l'obscurité"  Proverbe chinois


" Année neigeuse, année fructueuse "  Dicton


" On ne voyage pas pour voyager, mais pour avoir voyagé " Alphonse Karr


" Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement du retour" Stendhal

Au fil de l'aventure

Chers lecteurs, merci d’avoir si nombreux et souvent avec autant d’attention suivi les récits de mes aventures et de mes observations sur la Finlande, sa culture et ses habitants. Merci de m’avoir ainsi encouragé à étoffer et poursuivre ce blog tout au long de mon année dans le grand nord. C’est aujourd’hui une grande satisfaction pour moi de l’avoir achevé complet. Il constitue aussi une large part des souvenirs de cette aventure, dans chaque détail qu’il rappelle et la chronologie qu’il dresse.

Je le voulais éclectique et original, j’espère qu’il l’a été. Il se devait être une passerelle avec mes proches pour qu’ils puissent suivre mon aventure à distance… Je crois qu’il a évolué en réalité vers beaucoup plus de détails et de réflexions, notamment avec l’élan de frénésie final… Tant mieux !

Au-delà, il me donne envie de continuer à écrire et les sujets ne manquent pas. Dans quelques temps, j’ouvrirai très probablement un nouveau blog, dont le sujet et le titre restent à déterminer en fonction de la mesure dans laquelle je pourrai intégrer des écrits existants mais inédits et d’autres à venir, dans une même continuité. Encore une fois, à suivre !

Les derniers visages des dernières aventures
Tandis que le train glisse sur les rails vers Chartres, je réalise la multitude des rencontres fortuites et éphémères faites ces derniers jours. De mon conducteur suédois très sérieux à ce compagnon de wagon-couchette, un Sénégalais d’Allemagne jouant de son encombrant instrument traditionnel pendant la nuit, en passant par ce jeune plombier norvégien en transit à Oslo dans la même auberge de jeunesse que moi, ou encore cette mère de famille allemande dans le train Copenhague – Hambourg, visiblement à la fois intriguée et interloquée par mon apparence de voyageur exténué et surtout compatissante, autant que pédagogue dans son soutien à mes efforts pour discerner la signification des titres en allemand de son journal. Sans oublier cette jeune voyageuse de nationalité indéterminée croisée dans le train pendant le passage du détroit de l’Øresund, ou cette bande de jeunes Français rencontrés à l’auberge de Copenhague, et avec lesquels j’eus le réconfort de boire une bonne bière rafraîchissante autant qu’apaisante après une longue journée de périple. Des rencontres muettes, aussi, parfois. Comme celle sur le ferry reliant le Danemark à l’Allemagne où je pus observer avec délectation et amusement difficilement caché les scènes de ménage très franches d’un couple de Français vieillissants et bedonnants, et surtout persuadés qu’en dehors de France personne ne saisira la rudesse et le machisme des propos que monsieur assène à Madame. Ultime vis-à-vis avant de subir pour de bon la solitude et l’égarement le plus total de l’exténuation, celui de ces deux femmes à peine âgées qui dédaigneront me céder leur strapontin dans la rame de métro bondée à Paris, et ce malgré mon allure sans doute apitoyante à me tordre sous le poids de mes sacs au fil des changements de direction de la rame et le soulagement manifeste qu’un tel geste m’aurait procuré de toute évidence. Néanmoins, il semblerait bien que le voyageur solitaire, souvent exténué et handicapé par ces lourds bagages, et malgré l’aléa de l’horaire de sa dernière douche savourée, attire à lui la curiosité et la bienveillance des personnes croisées sur sa route. A tous ceux qui redoutent de voyager seuls je recommanderais aujourd’hui cette expérience, gage de rencontres aussi spontanées que parfois surprises !

FIN, à bout de forces
Ces dizaines d’heures de train parfois presque consécutives ne m’ont pas laissé indemne. C’est dans un état physique affaibli que je parcours les derniers kilomètres qui séparent Paris de Chartres. Si je ne suis certes pas dans la peau de l’aventurier extrême revenant du bout du monde (tout juste du bout de l’Europe…) après moult risques et périls (tout juste moult périples…), il semblerait que mon impressionnant chargement, ma solitude et mes traits tirés me donnent au moins la condition et le profil du baroudeur « sur la route ». Comme en atteste en tout cas la moue étonnée des personnes à qui il m’arrive d’indiquer que je voyage ainsi depuis le nord de la Finlande. Somnolant et souffrant de nombreuses douleurs musculaires et dorsales, le Paris-Chartres est ce jour là plutôt un calvaire pour mon corps de baroudeur en fin de route, à l’instar de chacune des secousses affligées par ce train vieux et inconfortable que la SNCF a judicieusement affrété ce jour précis.

A la descente sur le quai, ultime mouvement d’un retour du bout de l’Europe, conclusion d’une année atypique…. C’est la fatigue et le soulagement que je ressens d’abord. L’émotion, la mélancolie et la nostalgie viendront bien vite.

La page se referme, la vie reprend, comme avant. Tout ce qui s’est passé, pendant ces neuf mois, c’est désormais des souvenirs...

L’heure est venue. De mon départ de Finlande. Une journée lourde en émotions, d’heure en heure…

Vendredi 18 mai 2007, 7H00 :
Dernier réveil à Kuntotie, suivi d’un dernier petit déjeuner, en compagnie de Claudio, mon futur ex-colocataire. Ensuite, il me faut finir de fermer mon gros sac à dos, ma grosse valise, et mes autres bagages. Cinq pièces au total.

10H00 :
Direction le centre ville de Rovaniemi, en vélo. Vélo que je pars vendre, justement. La matinée est agréable, du point de vue météorologique. Je savoure autant que faire se peut ce dernier voyage sur mon vieux vélo qui m’a accompagné tous ces mois.

11H30 :
Ils sont une petite dizaine à être venus assister jusqu’à la dernière minute à mon départ. Cela fait chaud au cœur. L’émotion commence à sérieusement monter. Tout est désormais bouclé, et nous pouvons admirer le vide et la propreté de ma chambre… Non sans amertume !

12H00 :
Svetlana, ex-collègue russe, arrive en voiture à Kuntotie. Bientôt, la voiture se trouve chargée à plein par mes nombreux bagages. C’est l’heure délicate de quitter Kuntotie. Chaleureux adieux – non, « à bientôt »s – avec les présents, et puis je m’engouffre dans la voiture.

12H30 :
Après un passage par la poste, pour me soulager d’un des bagages, nous arrivons à la gare routière de Rovaniemi. En ces dernières minutes de ma présence sur le sol de Rovaniemi, nous prenons un café. Soudain, je vois une silhouette familière entrer dans le hall de la gare. C’est Claudio, qui arrive en vitesse depuis Kuntotie. Il m’apporte un courrier arrivé de toute dernière minute, et qui contient un de mes billets de train pour mon expédition. Kiitos flatmate !

13H00 :
Le car, qui doit me conduire à Tornio, est arrivé, et doit partir. Derniers adieux sur le bitume, et c’est l’embarquement, la gorge serrée. Le moteur vrombit, et le car s’élance. Les quelques centaines de mètres suivantes, à travers cette ville où j’ai tant de souvenirs et que je quitte définitivement (quitte à y revenir de passage…), sont particulièrement émouvantes…

14H40 :
Arrivée à Tornio, petite ville finlandaise à la frontière avec la Suède, et bordée par sa ville quasi-jumelle, mais suédoise, Happaranda. Je dois justement désormais rejoindre – avec tout mon chargement – cette dernière, puis Lulea, à environ 150 kilomètres de là.

15H00 :
Après avoir demandé renseignement à un passant sur le passage de la navette pour Happaranda, et alors que je me suis posté à l’attente de celle-ci, une voiture s’arrête devant moi, et la même personne me propose de me conduire jusqu’à Happaranda, en me précisant qu’elle se rend ensuite à Luleå. Et c’est donc finalement destination Lulea que j’embarque dans cette voiture. Le conducteur suédois, la cinquantaine, est impliqué dans l’univers syndical suédois, et c’est ce qui le conduit à se rendre fréquemment en Finlande, pour la coopération entre les deux pays. Il m’explique qu’il conduit beaucoup, et qu’il lui arrive souvent de prendre des autostoppeurs afin de combler la solitude du trajet.

16H00
, heure suédoise, soit en réalité deux heures après le départ de Tornio : Mon chauffeur a la délicatesse d’effectuer un léger détour avant l’arrivée à Luleå, qui nous fait traverser le village-église de Gammelstad, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui est l'exemple le mieux préservé d'un type de ville unique autrefois répandu dans le nord de la Scandinavie, la ville-église. Ses maisons en bois serrées autour de l'église en pierre construite au début du XVe siècle n'y étaient en effet utilisées que les jours de culte et de fêtes religieuses par les fidèles venus des campagnes environnantes. Après cette parenthèse touristique, nous arrivons à Luleå. La voiture s’arrête juste devant l’entrée de la gare. Je remercie chaleureusement mon transporteur et le quitte, avant de me traîner sous la charge des bagages jusqu’à un endroit où je pourrai précisément les entreposer avant le départ du train. Place ensuite à un petit tour de ville ! Le dos léger, mais le cœur toujours lourd…

21H10
 : Embarquement à bord du train de nuit pour Stockholm, où je dois arriver près de 15 heures plus tard. Comme dans tout train de nuit, le sommeil est difficile à trouver et pour le moins assez inconfortable… Collé à la vitre, j’alterne donc les phases de pré sommeil et celles où je scrute l’extérieur, découvrant forêts, collines et lacs de ce nord de la Suède, que le train parcourt de gare en gare, toutes très calmes et presque désertes. Bercé de temps à autres par la mélodie des conversations suédoises discrètes de mes voisins de wagon, je finis par trouver le sommeil, tourmenté d’un défilé onirique d’images de cette année d’aventure dans le Grand nord…

Ma grande aventure, pleine de découvertes, de joie et de surprises, constitue une année unique, et ce grâce au programme Erasmus. Cette année lapone est au moins autant une aventure européenne, donc.

 

Erasmus, un engagement européen

Le programme Erasmus, qui fêtera ses 20 ans dans quelques mois, fut d’abord le résultat de l’initiative de dirigeants européens engagés dans la construction d’une identité européenne et d’un espace de mobilité autant que d’émancipation pour la jeunesse des différents pays concernés. Cet engagement, il semblerait que chaque étudiant qui bénéficie de ce programme soit amené à le perpétuer. Dans le pays d’accueil, on se retrouve représentant et donc une sorte d’ambassadeur de son pays d’origine, mais aussi de sa culture, de sa langue. Et puis on représente également l’université qui nous « envoie ».

 

Rencontres européennes

Je mesure depuis des mois tout le plaisir et l'intérêt que les jeunes européens ont à se rencontrer et partager ensemble des moments de vie. Je crois mesurer aussi à quel point chacun de nous reste déterminé culturellement et moralement par son pays d'origine, et tout ce qu'il y a de formidable à faire vivre cette diversité en multipliant les échanges entre jeunes européens et au delà. En effet, on observe toutes les ressemblances que nous avons entre jeunes issus de pays différents, et les différences aussi, et donc au final tout ce que nous avons à nous dire. J’ai compris que les croyances et les clichés étaient malgré tout au dessus de tout cela, et que c’est néanmoins ce qui nous fera nous respecter et nous parler. Un Italien pourra être fier de savoir cuisiner si bien pâtes et pizzas, un Français de pouvoir goûter en connaisseur un bon vin rouge. Un Polonais ou un Tchèque est certes bien souvent un bon buveur, mais on les découvre aussi comme étudiants brillants et rigoureux, et êtres profondément habités d’une conscience nationale, autant que démocratique et humaniste. Les ressortissants des pays baltes, certes témoins directs du passé tumultueux de leurs nations et des interférences culturelles et démographiques avec la Russie, incarnent tout de même toute la spécificité (langue et sentiment identitaire) de chacun de ces petits pays… Bref, on découvre une Europe profondément hétéroclite mais vouée aujourd’hui à être un espace d’échanges culturels et de rencontres des traditions (au sens de modes de vie, non de folklores !), sans qu’une aspiration à oublier ou faire converger ces différences soit nécessaire !

 

L’Europe vaste et diverse

Que la France perdure à aspirer à une position hégémonique dans l’UE, que la Pologne entende bien s’emparer de la parole dont elle dispose dans le cadre de l’UE pour défendre notamment ses intérêts nationaux, que le Royaume Uni entrevoie l’Europe comme un espace économique plus que comme un partage de valeurs, que les Baltes s’inquiètent de la contrepartie des transformations que leur entrée dans l’UE entraîne (inflation déjà avérée, crainte d’un effacement subi dans l’UE)..., toutes ces conjonctures, politiques, se retrouvent souvent aisément dans le comportement et les préoccupations même des individus ressortissants. Ainsi, l’Europe est bien évidemment animée de préoccupations et d’intérêts différents et diverses, autant que sa surface est d’ailleurs vaste. La Laponie est la région la plus septentrionale de l’Union européenne (et d’ailleurs aussi la plus lointaine de la France), et ce depuis que la Finlande a rejoint l’Union, en 1995 seulement ! Mais ici, malgré la distance, le particularisme régional aigu, ou encore le climat si atypique, l’appartenance à l’UE est au moins autant ressentie qu’en France, pays central et fondateur…

 

L’effort européen

Le sentiment européen n’est pas naturel ni transcendant. On le ressent par l’effort, l’ouverture à lui. Partir vivre dans un autre pays européen pour une durée relativement longue, voilà le pas que j’ai fait pour ma part. Mais je ne suis pas le seul acteur de ma rencontre avec la conscience européenne. Je dois remarquer que mon pays d’accueil, ses habitants, et la structure d’accueil, c'est-à-dire l’université, ont œuvré beaucoup à cette dimension européenne qui, eux aussi, les anime. La Finlande, par sa modernité et les facilités administratives qu’elle offre (possibilité de travailler, de disposer de certains services, etc.), mais aussi par son attachement à participer activement à la construction de l’Europe, s’avère un pays très accueillant, propice à une immersion facile et en douceur pour l’expatrié qui débarque. Il faut ajouter à cela l’aisance à communiquer avec les Finlandais par la capacité de la plupart d’entre eux à très bien parler l’anglais. De plus, ces derniers affichent autant d’intérêt que de respect à l’égard des arrivants, et tolèrent largement leurs obstacles à se fondre dans la société finlandaise, c'est-à-dire en particulier la barrière de la langue. L’université de Laponie, quant à elle, poursuit l’effort linguistique en proposant des cours en anglais pour ses étudiants étrangers, par ailleurs minutieusement encadrés et choyés comme j’ai pu le décrire déjà longuement !

 

Bref, la Laponie si septentrionale et glaciale n’en est pas moins au cœur de l’Europe, et l’aventure Erasmus vécue là bas non plus ! Je me sens désormais véritablement (en toute connaissance de cause) pro-européen et favorable à la construction d’une Europe qui repose sur une identité, une solidarité, et qui soit un espace de mobilité pour tous les citoyens des différents pays concernés.

Fraîchement atterri en Finlande, ce matin peu avant 7 heures, il est temps pour moi de sonner la reprise de l’aventure, après deux semaines de pause ! C’est reparti donc, et avec la détermination de savourer chaque moment des dernières semaines à Rovaniemi…

Retrouvailles nordiques

Après les vacances, place au voyage à nouveau ! Si les signaux de l’arrivée du printemps sont de plus en plus nombreux en Finlande aussi, alors qu’à mon départ l’hiver était encore bien installé, températures et paysages sont encore bien hivernaux comparés au soleil et aux bourgeons qui habitent la France depuis de nombreux jours déjà… A l’atterrissage à Rovaniemi, la piste était certes toute blanche et la végétation encore bien enneigée, mais la température autour de 0°C seulement. Retrouvailles aussi avec le vélo pour mes tout premiers déplacements, tandis que pendant deux semaines j’ai pu profiter du luxe de la voiture... Mais retrouver cette vie plus précaire est aussi une grande joie, par la simplicité et la bonne humeur qu’elle implique. Et puis, retour dans une atmosphère internationale et ses dizaines de membres de dizaines de nationalités différentes. Encore quelques semaines à gaiement vivre tous ensemble !

Le BLOG repart

Le nouveau départ est aussi celui de ce blog. La dernière ligne droite de mon aventure sera accompagnée de nombreux récits, anecdotes et descriptions, à fréquence très régulière désormais de façon à ne rien oublier – ou presque – avant l’épilogue de l’aventure. Beaucoup d’articles sur la Finlande, et les Finlandais, sont à venir… A suivre !

Après presque 6 mois d’aventure, et tout juste 100 articles publiés sur ce BLOG, me voici de retour en France pour la première fois ! Depuis l’Estonie, après mes escales de visite à Helsinki puis Tallinn, je me suis envolé pour Paris, où je suis arrivé dans la soirée de lundi.

Premières impressions de ce retour au sud après presque une demi année d’absence ? Et bien le sentiment de retrouver tout en place, de se recouler sans heurts dans les habitudes de cette vie d’avant - Erasmus… Et la France ? Retrouvailles avec les embouteillages, la foule. Plus de neige, plus de froid, même. La température est plus de 30°C supérieure à celle que j’ai quittée à Rovaniemi. C’est surprenant de sortir à l’extérieur sans protection particulière et de ne même pas avoir froid. Les doux rayons du soleil sont si agréables le matin au réveil ! Curieux aussi de rouler sur des routes sans neige ni verglas. Et puis tous ces bourgeons qui sortent déjà me changent bien de la végétation lapone croulant encore sous le poids de la neige qui la recouvre. Quant aux plans d’eaux, ni glace ni sentiers à leurs surfaces ! Il parait que même la moindre petite mare n’a guère eu l’occasion de geler ici cet hiver…

Ces deux semaines de vacances en France marqueront une pause dans l’aventure. Concours à passé en France oblige. Mais ce sera aussi bien sûr le temps des retrouvailles ! Visites aux membres de la famille, sans oublier de faire la connaissance du dernier né, le petit Luciano, le fils de ma cousine âgé de deux mois à peine, sont au programme. Cette pause dans l’aventure signifie aussi une pause dans les publications sur ce BLOG, qui reprendront de plus belle à bon rythme dès mon retour dans le grand nord, prévu le 12 mars… A très bientôt !

C'est arrivé. Fin janvier, mon ordinateur s'est brutalement éteint, puis a cessé de répondre à mes injonctions de rallumage. Panique ? Non, plutôt impuissance, face au caprice de la technique. Et puis méditation… Que mes activités sont différentes sans l’accès permanent à l’outil et tous ses services, certes, mais aussi à toutes mes données stockées là ! Ai-je eu tort de déléguer tant de gestions à la machine ? Il est étrange de se retrouver sans agenda des rendez vous à venir dans l’immédiat, sans presse à lire, sans musique à écouter, sans contacts avec qui communiquer par ce biais… Cette année plus que jamais, ici plus qu’ailleurs, de nos jours plus qu’avant, l’informatique capte toute une partie de mon organisation personnelle… Alors quand panne il y a, le bug est plus que là !

Verdict ? Disque dur anéanti, à changer. Données probablement perdues, en totalité ou en partie. Système à ré initier, programmes à réinstaller… La raison de la mésaventure ? Le froid, encore lui ! Peut être... Le disque dur étant physiquement détérioré, selon le technicien, une hypothèse plausible serait l'attaque du froid... En effet, ces derniers temps mon ordinateur a pu se trouver dans un courant d'air froid en provenance de ma fenêtre en plein aération par une température extérieure de – 20 degrés et moins. Il serait alors nécessaire de laisser l'ordinateur se réchauffer avant de l'allumer, je l'ignorais…

Les conséquences de la mésaventure ? Dans un premier temps, la crainte d’avoir perdu plus de 2000 photos du séjour, des dizaines de documents divers… La résignation. Finalement, grâce à la bonne volonté et la patience déployées par le technicien finlandais, une grande partie des données de mon ancien disque dur ont pu être sauvées. Ouf ! Parmi elles, sans doute l'intégralité de mes photos de Finlande, et aussi tous les documents concernant ce blog et sa rédaction. Quel soulagement ! Ainsi, après près de deux semaines d’interruption technique, mon blog peut redémarrer, et les articles qui n’ont pas pu être publiés au moment voulu apparaître. Et je retrouve aussi le confort de l’informatique et de l’Internet à domicile, non sans avoir pu mesurer la dépendance de ma vie dans l’arctique à cette culture électronique…

Bonne année 2007 !

Les festivités du Nouvel An ont été joyeuses pour moi, et pour nous, étudiants erasmus. Je ne rentrerai pas dans les détails. Je me conformerai juste, ici, à la tradition des résolutions – je m’en tiendrai à celles affectant mon blog – et des projets en vue pour l’année qui commence…

Agenda prévisionnel

Beaucoup d’activités vont à présent se cumuler pour moi. D’abord, il y aura les cours qui vont reprendre. Ensuite, les excursions avec la compagnie de safaris vont continuer, et même de plus belle selon la patronne, Elena. Et puis dans les deux prochains mois il me faudra aussi préparer avec autant de sérieux qu’il est possible le concours très important que je passerai début mars à Paris pour envisager la poursuite de mon parcours étudiant. A cette période j’en profiterai pour passer en France des vacances que j’avais renoncé à placer en période de Noël. Ajoutées à cela toutes les activités festives et sportives de ma vie à Rovaniemi, je serai bien occupé ! Heureusement, le retour progressif mais rapide de la lumière devrait me donner de l’énergie !

BLOG 2007

Compte tenu de ce programme chargé, qu’il serait aussi bien de ponctuer d’escapades touristiques, je compte donner un nouveau rythme à ce blog. Les publications seront plus ponctuelles, à un rythme d’au moins deux par semaine, du moins dans les prochaines semaines. Le contenu des articles devrait néanmoins rester tout autant éclectique. J’envisage aussi d’introduire de nouvelles rubriques… A suivre !

Merci à tous les visiteurs qui ont visité ce blog avec assiduité en 2006, et bienvenue à tous ceux qui le découvriront en 2007 !

Sylvain

2006, l’année qui s’achève, fut au regard de ce voyage dans le grand nord une année de préparation, puis de réalisation de ce projet d’expatriation. En janvier de cette année vint en effet le temps de l’information sur le programme Erasmus. En février, le moment de déposer ma candidature pour participer à ce programme. En mars, j’ai appris mon affectation à Rovaniemi. Août venu, il fallut activer les préparatifs du départ. Et puis en septembre c’était l’arrivée en Finlande. Depuis, quatre mois d’aventure se sont écoulés. Sur ce blog en témoignent les anecdotes du quotidien et les récits des temps forts de cette première partie de séjour…

De mes premières impressions sur l’aventure se dégagent d’abord un réel attachement à mon nouvel endroit de vie, la Finlande, Rovaniemi. Et puis à mon nouvel entourage ici, aussi. Cette partie 2006 de mon année dans le Grand Nord a laissé cours à beaucoup d’inattendu, tel ce job pour une compagnie d’excursions touristiques, que je n’avais à aucun moment envisagé avant d’arriver en Laponie. Sans doute une part de l’inattendu reste encore à venir… Ainsi, je m’interroge de temps en temps sur la question du retour en France, ou comment mêler déplacement et voyage…

 

2006 fut enfin aussi, à travers cette aventure, la réelle prise de conscience de ce que c’est d’être français. On ne le réalise pas mieux qu’en séjournant à l’étranger je pense. On sent véritablement son attachement à son pays d’origine quand on expérimente la nostalgie de ses racines. Et puis on se retrouve en ambassadeur d’un pays qui jouit d’une certaine image. On perçoit chez les Finlandais – comme d’ailleurs chez les autres étrangers – une réelle fascination pour la France. Ils voient la France comme un pays grand, riche et puissant, les Français comme des méditerranéens romantiques, et Paris comme un paradis ! Je n’exagère même pas. Dans la rudesse du froid et de l’obscurité lapone, cette adulation climatique ne peut faire que rêver !

A bientôt, France, à bientôt, Soleil !

J’en ai fait l’expérience par hasard, il est fort intéressant d’interroger les moteurs de recherche sur « Erasmus en Finlande ». J’ai notamment retenu la version du site www.worldstudent.com. Essayons maintenant de confronter ses belles paroles à mes observations ici.

« Pays pacifique du grand nord, mêlant traditions lapones au nord et modernité au sud, langues finnoise et suédoise, la Finlande est réellement ouverte aux échanges culturels internationaux. »

Voilà une amorce qui donne envie ! Traditions lapones ? Pas encore toutes vues, mais ça viendra avec l’avancée dans l’hiver ! Modernité au sud ? Et bien moi je dirais aussi au nord. Langues finnoise et suédoise, certainement, pour moi la différenciation vocale n’est pas aisée ! Enfin, je sens un accueil travaillé et privilégié, donc je confirmerais bien volontiers la dernière affirmation.

« Vous aurez loisir d’étudier en anglais à moindres frais, une chance qui pourrait paraître inaccessible en Scandinavie. »

Oui, il y a une réelle opportunité d’étudier en anglais, avec un choix de cours somme toute très satisfaisant. A moindre frais ? La Finlande est un pays où la vie est chère, excepté je trouve pour le loyer ; mais il faut reconnaître que les études ne me coûtent rien, même si la raison à avancer est d’abord le programme Erasmus.

« La Finlande accueille facilement les étudiants étrangers, elle les dorlote dans des universités tout confort et de haut niveau où il n’est pas rare de trouver des professeurs étrangers. »

Exact pour ce qui est de la University of Lapland. Le haut niveau de l’université est surtout du point de vue de l’équipement à mon sens. Du point de vu contenu des enseignements, il me semble que la rigueur intellectuelle est moins une exigence que c’est le cas en France. On nous dorlote, effectivement, en ce sens que les efforts produits pour bien accueillir et encadrer (sur les plans scolaire et administratif) les étudiants internationaux sont réels et efficaces. Sans commune mesure me semble t’il avec la légèreté des services internationaux en France, du moins à Orléans… Des professeurs étrangers ? Oui, c’est exact. Les professeurs finlandais peuvent s’avérer très bons aussi, même si la plupart du temps ils me semblent bien moins percutants que les universitaires que j’ai croisés en France.

« Tout cela dans un cadre de vie de grande qualité dont un des symboles est le sauna, fort appréciable après une journée de ski ou une visite des innombrables lacs et îlots. »

No comment. J’adhère ! A ces propos, au ski, au sauna !

« Dans les villes vous n’aurez aucune difficulté à parler anglais seulement peu de monde déambule, froid oblige. Vous ne serez pas étonné de rencontrer des enfants de dix ans en pointe de la technologie avec leur portable à la main ! »

Alors là, ça se corse… Certes, le froid oblige à ne pas déambuler longuement. Pour l’anglais, l’expression « aucune difficulté » est un peu exagérée… La difficulté viendra, croyez moi, si en plus de parler anglais vous ne possédez pas quelques compétences dans la technique du mime… Oui, beaucoup de gens comprennent et souvent parlent l’anglais, mais il faut bien dire qu’une part non négligeable de la population – commerçante par exemple – n’est pas toujours en mesure de satisfaire ce critère. Enfin, désolé, mais je n’ai pas assez orienté mon sens de l’observation vers les enfants de 10 ans pour être en mesure de confirmer la seconde phrase… Je vais redoubler d’efforts, c’est promis !

« Les campus sont organisés pour avoir tous les services à dispositions : équipements sportifs, sauna… on y circule à vélo. »

On circule à vélo, c’est vrai ! Et on peut dire aussi que la population étudiante bénéficie facilement des infrastructures sportives et des saunas, en l’occurrence au sein de la résidence (pas exclusivement étudiante).

« Les étudiants étrangers sont pris en charge dès leur arrivée par les bureaux des relations internationales, présents sur chaque campus. »

Exact. J’ai déjà fait l’apologie à plusieurs reprises de ce service et de cet accueil. C’est agréable de percevoir que son immersion le temps d’une année se fait sur fond d’une réelle organisation de la part des locaux.

« L'état d'esprit très indépendant des étudiants vous demandera une forte capacité d’organisation. »

Oui, le système lui-même nous incite sans aucun doute à une attitude indépendante et responsable. La capacité d’organisation en est l’instrument.

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