Moscou, énorme capitale pleine d'actions

Publié le par Sylvain

Considérée comme la plus grosse ville d’Europe et environ la dixième plus grosse mégalopole du monde, avec ses quelques douze millions d’habitants, Moscou est impressionnante par la taille et l’atmosphère qu’elle abrite.

Bienvenue à Moscou !

A notre arrivée matinale sur le quai de la gare à Moscou, la température est encore fraîche et la brume basse. Encore ensommeillés, nous prenons la direction du métro, après avoir poliment rejeté les multiples avances de chauffeurs de taxi à la recherche de touristes. Sans encombre – si ce n’est une fois de plus le poids de nos bagages – nous arrivons à notre hôtel, ou plutôt notre « auberge » pour être exact. A Saint Petersburg, l’auberge – très peu chère – s’était avérée correcte, si l’on ne tient pas compte de l’état des sanitaires, qui nécessitaient pour l’utilisateur beaucoup de motivation voire de bravoure avant de s’en servir ! A Moscou, où comme dans toute capitale l’hébergement est difficile, nous ne savions donc pas vraiment à quoi nous attendre… L’entrée de l’hôtel, même pas signalée, se fait par une arrière cour où l’on accède par une ruelle. Il faut ensuite monter au deuxième étage, par un escalier dépeint et d’une propreté douteuse. Ensuite, nous frappons à la porte puis l’ouvrons, et débarquons semble t’il au milieu d’une cuisine où plusieurs personnes prennent leur petit déjeuner, tandis qu’un autre surfe sur Internet… Un type de très grande taille, l’air désinvolte et pieds nus dans ses tongs s’avance vers nous, avant que nous lui expliquions avoir réservé et désirer pour le moment entreposer nos bagages quelque part. Interloqué par cette requête insolite semble t’il, il jette un regard dans la pièce et nous désigne avec une légère pointe d’ironie deux coins de mur. Pas de « luggage room » visiblement dans cet hôtel au premier abord bien amateur. Au passage, nous manquons de heurter une fille qui dort en plein milieu de la pièce sur un matelas posé au sol… Nous convenons de revenir vers midi pour le « check-in », et quittons l’endroit, quelque peu tourmentés par la qualité de l’établissement, la sûreté pour nos bagages, et les conditions de notre séjour ici… Puis c’est parti pour une première matinée de découverte de la ville. A notre retour vers midi, l’étrange hôtelier a été remplacé par une réceptionniste plus consciencieuse et plus rassurante. Nos bagages sont toujours là, et nous accédons à notre dortoir (que nous devrons partager avec 4 autres personnes), étonnés toutefois de ne recevoir ni clé de chambre ni code d’accès à l’hôtel… La bonne douche qui suit s’avère plutôt rassurante quant à l’état de propreté des sanitaires ici.

 

Les nombreuses curiosités d’une capitale gigantesque

La capitale russe regorge de sites de renommée internationale ou en tout cas indissociables de l’identité de la Russie, et d’autres lieux authentiques de l’atmosphère moscovite. Arbat, tout près de notre hôtel, est le centre historique de Moscou et sa principale rue piétonne – et touristique - aujourd’hui. On y trouve de nombreux restaurants et artistes de rue, et bien évidemment moult étales de marchands de souvenirs. En parallèle de la rue d’Arbat a été tracée une avenue – Novy Arbat – destinée à relier rapidement le centre de Moscou aux quartiers résidentiels ouest, où vivent les riches moscovites et toutes les classes d’élite et de pouvoir. Cette avenue à forte circulation présente de part et d’autre un alignement de gratte-ciels transformés en supports de gigantesques panneaux publicitaires. Au milieu de tout ce béton se trouvent perdues ici ou là de petites églises orthodoxes au style architectural purement russe. A l’ouest du centre ville, toujours, on trouve près des rives de la rivière Moskova – qui contourne le centre ville – différents bâtiments de style très soviétiques. Il y a notamment ce bloc blanc massif au quadrillage de petites fenêtres sur sa façade et surplombé du drapeau russe, il s’agit du Parlement, le siège du gouvernement russe. La zone apparaît comme le quartier d’affaires de Moscou, puisque de grands immeubles, dont certains tout en verre, semblent être des sièges de grandes entreprises russes et multinationales. D’autres, également surmontés d’inscriptions de marques, se présentent sous la forme d’immeubles de style stalinien sur le toit desquels se dresse un autre immeuble plus petit… A la verticale, outre les gratte-ciels de l’avenue Novy Arbat, on remarque les « Sept sœurs », gratte-ciels soviétiques – rappelant étrangement l’Empire State building de New York – érigés après la guerre, aux intersections stratégiques de la ville, selon la volonté de Staline. Ainsi, à l’occasion du huit centième anniversaire de Moscou, en 1947, furent posées les premières pierres de ces sept gratte-ciels quasi identiques, allant de 16 étages pour les plus bas à 32 pour le plus haut. On retrouve dans leur architecture la tradition russe aussi bien que l’influence gothique, conformément aux goûts de Staline, jusqu’à la flèche couronnant chacun des édifices selon le souhait de l’homme fort de la Russie d’alors. Les Soviétiques souhaitèrent aussi que ces constructions abritent des activités d’utilité publique, et non des intérêts économiques comme c’était le cas des gratte-ciels américains. Deux des édifices abritent des ministères (Affaires étrangères et Transports et communications), un autre l’Université d’Etat de Moscou, deux autres abritent deux grands hôtels, et les deux derniers sont mi-locatifs, mi-administratifs. Plus à l’est de la ville, on trouve au centre d’une place importante l’imposant siège de l’ex-KGB (actuel FSB), organe des services secrets Russes. De retour vers le sud ouest, en bordure de la rivière Moskova se dresse la Cathédrale du Christ Sauveur, plus grande cathédrale de Russie. Construite en 1837 en l'honneur de la victoire sur Napoléon, elle s'est rapidement imposée comme le centre de la foi orthodoxe en Russie. En 1931, Staline la fit dynamiter, mais après l’éclatement de l’URSS le premier président de la Russie, Boris Eltsine, la fit reconstruire à l’identique. Aujourd'hui, elle est de nouveau un lieu de culte important.

La Place Rouge et le Kremlin, centres historiques

La célèbre Place Rouge marque le centre de Moscou, surplombant la rivière Moskova. Cette vaste esplanade pavée rectangulaire est délimitée par le musée national, le grand magasin Goum, et est entourée de divers monuments majeurs… D’abord, à côté de la Place Rouge se situe le Kremlin – qui signifie littéralement forteresse – qui constitue le centre de décision de la Russie, puisqu’après avoir été résidence officielle des tsars puis des dirigeants soviétiques, il est de nos jours habité par le Président de la Fédération de Russie. L’endroit rassemble à l’intérieur d’une enceinte - d’une longueur de plus de 2200 mètres, atteignant parfois une hauteur de 20 mètres - des cathédrales et des palais, dont émanent à la vue depuis l’extérieur une vingtaine de tours. Il s’agit donc d’une petite ville dans la ville, toute en magnificences et emplacements stratégiques. En bordure de la Place Rouge et en face du Kremlin se trouve la cathédrale Basile Le Bienheureux, monument mythique de Moscou et de la Russie. La légende raconte qu’Ivan IV Le Terrible, le commanditaire de l’église Sainte Basile (construite en 1552), fit crever les yeux de ses architectes pour qu’ils ne puissent recréer pareille splendeur... Pourtant, l’architecture de la cathédrale - d’une certaine manière fantaisiste - rappelle fortement les formes et les couleurs de l’église du Christ Saint Sauveur à Saint Petersburg. Sur la place Rouge, également, adossé à la muraille du Kremlin se trouve un bâtiment bas en granite rouge, il s’agit du mausolée abritant le corps embaumé de Lénine, exposé ici depuis 1924 (la conservation du corps demandant toujours des soins réguliers). L’intérieur du mausolée est très sombre, et des conditions d’humidité et de température très précises y sont maintenues. Les Russes et les touristes sont toujours aussi nombreux pour défiler devant le corps, mais les passages sont rigoureusement orchestrés par des gardes russes qui gèrent la file d’attente puis le rythme du défilé à l’intérieur du mausolée (chaque visiteur ne doit passer que quelques secondes devant la dépouille de l’ancien leader soviétique). On accède au mausolée à travers un couloir sombre descendant et tournant en équerre à plusieurs reprises. A chaque coin de celui-ci est posté un garde qui – d’une mine figée et regard sévère – vous indique d’un geste robotique la direction suivante. Le corps de Lénine est exposé au centre d’une pièce carrée, allongé dans son cercueil, le buste légèrement relevé par un coussin. Dans tout le monument, hors de question de parler, s’arrêter, ou même mettre ses mains dans les poches, sous peine d’être rappelé à l’ordre par un des nombreux gardes. Derrière le mausolée, le long de la muraille du Kremlin, plusieurs dirigeants soviétiques, dont Staline, sont enterrés dans une allée de cimetière sans artifice.

Une ville entre deux mondes

Si l’architecture et les paysages sont – je l’ai évoqué - empreints de stalinisme, d’autres visages de la capitale russe affichent presque des excès de capitalisme… A Moscou, à un degré sans doute encore plus fort qu’à Saint Petersburg, tout paysage est généralement encombré par la publicité, omniprésente. Par ailleurs, les Russes semblent apprécier grandement la fréquentation des grands centres commerciaux scintillants sortis de terre ici et là, et la plupart du temps ambassadeurs des grandes marques européennes. Mais là où la « marketisation » de la société russe reste la plus étonnante et la plus insolite, c’est concernant les thèmes de l’union soviétique déchue. Ainsi, ceux-ci sont véritablement devenus des produits commerciaux, voire des marques, à en juger le nombre de produits-souvenirs (t-shirts, petits articles…) portant la connotation du communisme ou de l’URSS, ou encore les noms choisis par beaucoup de restaurants et autres discothèques (à partir des mots « soviets », « révolution », etc.). Bref, Moscou devient aussi une capitale de la consommation, et bien au-delà des produits russes typiques, même si l’incontournable boisson nationale, la vodka, que l’on trouve en haute qualité pour un prix toutefois très bas, reste très prisée par les voyageurs de passage en partance pour un retour vers leur contrée d’origine… Les marques occidentales sont donc largement implantées, et on retrouve aussi les plus grandes enseignes du capitalisme et de la mondialisation, tel Mac Donald (orthographié en caractères russes), dont les restaurants sont présents à de multiples endroits de la capitale russe (comme c’était aussi le cas à St Petersburg. Signalons au passage que la restauration française n’est pas totalement en reste, puisqu’on trouve à Moscou plusieurs établissements qui en font leur spécialité, comme celui où le dernier jour de mon passage dans la ville j’ai pu déguster un fameux croque-monsieur…

 

Poupées russes, version bois

A Moscou, les poupées russes sont aussi sur les étagères des marchands de souvenir. Je parle là bien sûr des matriochkas (« poupées russes », en français), ces jeux en bois qui se démontent pour découvrir de 3 à 10 pièces emboîtées les unes dans les autres, offrant sous des motifs plus ou moins identiques toute une gamme de tailles différentes. Si la décoration traditionnelle – plus ou moins luxueuse selon la technique d’ornement employée – est normalement celle d’une poupée, pour les touristes les motifs ont été déclinés sous de nombreuses variantes. Parmi les matriochkas les plus populaires on trouve ainsi celles représentant les présidents des principaux pays du monde – principales provenances de touristes serait sans doute plus adéquat. Ainsi, la matriochka à l’effigie de Vladimir Poutine laisse apparaître Boris Eltsine quand on l’ouvre, renfermant elle-même un petit Gorbatchev, etc. La France n’est pas en reste, même si celle avec le président Chirac en surface s’avère vouée à passer de mode très prochainement… On trouve aussi généralement les effigies des présidents américains, des premiers ministres britanniques et des chanceliers allemands. J’ai même aperçu une fois l’effigie de Tarja Halonen, la présidente finlandaise !

 

Caractère de Moscou et visage de la Russie

Moscou n’est pas la ville austère que l’on pourrait se figurer. Les rues piétonnes s’avèrent très animées en soirée. De nombreux groupes amateurs jouent leur musique dans la plus grande improvisation – semble t’il - en pleine rue, entourés des curieux appréciant dans la bonne humeur la prestation. La joie ambiante est peut être aussi à mettre en relation avec l’omniprésence des cannettes de bières – qui tend de nos jours à détrôner la vodka du titre de boisson préférée des Russes – et autres alcools à la main d’une majorité de passants à partir d’une certaine heure de la soirée – voire de la fin d’après-midi. Il parait pourtant que la consommation d’alcool en pleine rue serait désormais interdite… Etrange ! Par ailleurs, contrairement aux récits que j’avais pu lire avant le voyage, ou encore aux statistiques officielles concernant la Russie, j’ai la surprise de ne pas réellement avoir l’occasion d’observer des signes d’une pauvreté manifeste de la population, et ce même en dehors des parties centrales et touristiques de la ville. Même si un déplacement vers les banlieues aurait probablement apporté matière à ma quête d’observation, le constat qui se dégage de l’aperçu de Moscou au cours de mes promenades est plus optimiste que la réputation du pays. En trois jours de découverte intensive de la ville, je n’ai remarqué ni enfants des rues ni vieillards faisant les poubelles, mais tout juste quelques chiens errants et quelques mendiants – rien de susceptible de contraster véritablement avec les capitales d’Europe occidentale de ce point de vue. Alors qu’en est-il vraiment ? L’état social de la Russie s’est il soudainement amélioré ? Les statistiques enseignées seraient elles fausses ? La pauvreté se serait elle trouvée soudainement dissimulée le temps de ma visite, ou aurais je été aveugle aux signes évidents de celle-ci ? J’ai en vérité surtout croisé de multiples Russes habillé(e)s à la mode des marques occidentales, et portant des sacs plein d’achats à la sortie des gigantesques centres commerciaux moscovites… L’image de la Russie est aussi traditionnellement associée à sa mafia. En cinq jours de séjour dans le pays, j’ai – heureusement – manqué l’occasion d’en découvrir le vrai visage. Je ne peux que m’interroger notamment sur cette quantité de grosses berlines ou 4x4 aux vitres teintées que l’on voit à longueur de journée circuler à toute vitesse sur les rues et avenues moscovites… Véhicules policiers, services de sécurité, mafia ? Parfois difficile de distinguer ces différentes nuances… Et puis il y a ces véhicules à l’arrêt, aux vitres teintées, dont l’approche permet de constater qu’ils sont occupés, à l’avant comme à l’arrière, par des hommes à l’apparence douteuse… Fantasme ou réalité, c’est aussi ça l’image renvoyée par la Russie que je découvre !

 

Démonstration de force

Nous avions déjà remarqué une présence policière / militaire d’ordinaire très forte en Russie, à Saint Petersburg puis à Moscou. Ainsi, outre tous les représentants des forces de l’ordre – facilement repérables de loin à leurs képis massifs – croisés marchant dans la rue, nous avons pu à plusieurs reprises en observer oisifs – et même parfois littéralement endormis – dans un véhicule militaire mal garé, ou encore attroupés au milieu d’un square en train de déguster d’appétissantes glaces en cornet ! Mais c’était sans la moindre comparaison avec ce qui devait s’offrir à nos yeux lors de notre dernière journée à Moscou, samedi 14 avril. Ce jour-là, en effet, dès le matin au petit déjeuner à l’hôtel, nous prenions connaissance, par l’intermédiaire d’un occupant de l’hôtel en train de surfer sur internet et nous communiquant l’information, de l’appel à un rassemblement à midi lancée par les mouvements d’opposition au régime politique de Vladimir Poutine… Quelques milliers de manifestants étaient attendus place Pouchkine, en plein centre de Moscou, même si les organisateurs faisaient état de leurs craintes que le rassemblement soit une nouvelle fois brisé par les forces de l’ordre, comme ce fut le cas lors des précédentes tentatives de manifestation récentes. Les informations indiquaient également une forte mobilisation policière et militaire, puisque 9000 policiers et militaires antiémeutes auraient été regroupés dans la capitale en anticipation de la manifestation. Vite nous comprenons qu’il s’agit d’un jour particulier (plus tard nous apprendrons que ce jour là l’ambassade américaine, notamment, avait recommandé à ses ressortissants à Moscou de ne pas quitter leur domicile), et entre curiosité et excitation entremêlées de prudence, nous décidons de nous rendre sur les lieux. En fin de matinée, alors que nous visitons sur la Place Rouge le mausolée de Lénine, nous remarquons déjà une atmosphère particulière, avec beaucoup de véhicules militaires stationnés ici et là. D’autre part, nous observons près de la place rouge un mini-défilé d’une quinzaine tout au plus de manifestants brandissant des drapeaux communistes et munis d’un mégaphone, défilant dans l’indifférence voire l’amusement des passants et des touristes et avec la complaisance des gardes et policiers. C’est comme si ce jour ci en écho à l’annonce d’une importante manifestation de l’opposition toutes les mouvances politiques se donnaient en spectacle… J’apprendrais plus tard que plusieurs groupes de manifestants pro-Poutine avaient aussi défilé à différents endroits de la ville ce jour là, avec – pour eux - la plus grande coopération des forces de l’ordre. Nous prenons bientôt la direction de la place Pouchkine, reliée en quelques minutes depuis la Place Rouge par une avenue sur laquelle il est surprenant de constater la présence environ tous les deux mètres de massifs policiers anti-émeute tout équipés… En arrivant sur la place Pouchkine, le dispositif est encore plus impressionnant ; sont regroupés en masse à la fois policiers antiémeutes, policiers classiques et soldats en uniforme vert. Le long de la place sont stationnés en enfilade des camions militaires, devant lesquels se déroulent de temps à autre des allers et venues d’impressionnants camions blindés aux couleurs des forces antiémeutes… Bientôt, nous arrivons en vue des manifestants, refoulés à l’intérieur d’un square littéralement ceinturé par un épais cordon militaire, et reconnaissables qu’aux drapeaux qui flottent et au son du mégaphone des orateurs qui se succèdent sur une tribune… Impossible de déterminer le nombre de ces manifestants, et avec le recul persiste un doute sur leur positionnement, puisqu’il se pourrait qu’il se soit agit en fait des manifestants nationalistes pro-Poutine. J’apprenais en effet le lendemain sur Internet que la manifestation d’opposants avait dès son tout début été cassée et que près de deux cents arrestations (dont celle de l’ancien champion d’échecs Gari Kasparov, un des actuels leaders de l’opposition politique en Russie) avaient conclu l’offensive des forces de l’ordre contre la tentative des manifestants d’entreprendre une marche… Les passants continuent de contourner le cordon dans une relative indifférence, tandis que seuls quelques journalistes et aussi quelques touristes prennent des photos du dispositif, sous l’œil indifférent des militaires qui discutent entre eux l’air visiblement détendu… Il semblerait que nous ayons ni plus ni moins été témoins ce jour là d’une démonstration de force – par la masse des forces déployées en pleine rue – du pouvoir russe à l’égard de quelques centaines de manifestants hostiles. A se demander qui était le plus effrayant et le plus effrayé…

 

 

En fin d’après-midi de notre troisième jour à Moscou, direction le nord de la ville où après un long trajet en métro nous rejoignons la gare ferroviaire ou nous devons prendre le train de nuit pour Riga… Au moment de quitter le plus grand pays du monde, peuplé de plus de 140 millions d’habitants, je reste sur l’image d’une Russie surprenante, différente de l’Europe occidentale sans en être pourtant aussi éloignée qu’on se pourrait se complaire à le croire… En cinq jours je n’ai pu véritablement voir ni la face dangereuse ni la face miséreuse que l’on décrit longuement en Finlande, particulièrement. Dans le même temps, j’ai toutefois pu apercevoir d’autres démons du pays, de la tentation politique à l’autoritarisme à la tradition de contournement systématique des règles dans une conception répandue de l’individualisme aux dépens de l’intérêt collectif…

Publié dans Carnets de voyages

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